28/01/2012 : Drogues, contrefaçons, médicaments interdits : saisies records pour les douanes françaises

Paris, le vendredi 27 janvier 2012 – La présentation, ce 26 janvier, des résultats de l’activité des services des douanes françaises en 2011, a été l’occasion pour le ministre du Budget, Valérie Pécresse, de leur adresser un satisfecit. « Jugés ambitieux – certains disaient trop ambitieux – il y a trois ans, les objectifs atteints par les services douaniers cette année montrent qu’en réalité, ils n’avaient rien d’irréalistes » a-t-elle remarqué. Renforçant sa vigilance et ses actions (sans pour autant être dotées de personnels plus nombreux) les douanes ont en effet vu augmenter toutes leurs saisies de produits stupéfiants, médicaments contrefaits et autres paquets dangereux. La progression la plus spectaculaire concerne l’interception des stupéfiants qui a progressé de 63 % en un an, dans un contexte de « stabilisation, voire de baisse de la consommation » a remarqué Valérie Pécresse.

Dix tonnes de faux médicaments interceptés au Havre en décembre

Concernant les contrefaçons, les saisies des douanes ont progressé de 42 % et ont concerné 8,9 millions d’articles. Les produits les plus souvent concernés sont les articles de papeterie, les vêtements et les articles de bricolage. La lutte contre les faux médicaments s’est elle aussi intensifiée avec au cours de l’année 2011 des saisies spectaculaires, telle l’interception en décembre au Havre de dix tonnes de faux médicaments. Les produits contrefaits contre la dysfonction érectile ont toujours la part belle parmi tous les faux médicaments saisis. Cependant, la vigilance des douaniers s’exerce également à l’égard des médicaments contre l’obésité et les produits cosmétiques. Par ailleurs, en matière de faux produits de santé, les chargements en provenance d’Europe de l’Est ou d’Amérique du Sud sont souvent l’objet d’une attention particulière, car ils sont susceptibles de contenir des molécules non identifiées et/ou trafiquées.

 

http://www.douane.gouv.fr/data/file/7369.pdf



Léa Crébat

 

d'après jim.fr

 

27/01/2012 : Doit-on donner du fer aux donneuses de sang ?

Le déficit en fer sans anémie est une situation fréquente pour les femmes non ménopausées. Selon certains travaux,  22 % d’entre elles auraient un taux de ferritine inférieur à 15 μg/l. Le problème se pose particulièrement pour les donneuses de sang et la question est régulièrement soulevée de l’intérêt d’une supplémentation en fer pour ces patientes. Un don de sang de 450 ml retire environ 200 mg de fer et selon les recommandations européennes, une personne peut donner son sang 3 fois par an sans justifier d’aucune substitution. Une alimentation normale ne peut toutefois compenser cette perte de fer et il a été démontré que même les régimes riches en fer poursuivis pendant 16 semaines n’ont qu’un effet mitigé sur la correction du déficit ferrique.

Une équipe suisse a voulu vérifier si une supplémentation en fer avait un impact sur les signes cliniques accompagnant le déficit en fer suivant  un don de sang.  Certains patients se plaignent en effet de fatigue ou de diminution de leurs capacités aérobies. Au total 154 patientes donneuses de sang et présentant une hypoferritinémie sans anémie après un don de sang ont été recrutées, 9 d’entre elles étant secondairement écartées de l’étude pour aménorrhée. Un bilan a été réalisé une semaine après un don de sang, à la suite duquel les patientes ont été randomisées : les unes (n=74) ont reçu quotidiennement, pendant 4 semaines, 80 mg de sulfate de fer, les autres (n= 71), un placebo pendant la même durée.

Après 4 semaines de traitement, malgré une augmentation du taux d’hémoglobine et de la ferritinémie chez les participantes recevant du fer, aucune différence  significative n’était constatée entre les deux groupes sur la fatigue ni sur la capacité aérobie des patientes. Un effet positif inattendu est toutefois rapporté sur leur qualité de vie et plus précisément, sans que les auteurs puissent l’expliquer, sur les symptômes douloureux.

Notons aussi que la fatigue évaluée par les patientes dans cette étude, une semaine après leur don de sang, est finalement moins importante que ce qui est couramment rapporté dans la littérature (fatigue inférieure à 1 sur l’échelle FSS).

Les auteurs estiment que jusqu’à preuve du contraire, une supplémentation en fer n’est pas justifiée chez les patientes non ménopausées même si elles se retrouvent en hypoferritinémie, sans anémie, après un don de sang.



Dr Roseline Péluchon

 

Waldvogel S et coll.: Clinical evaluation of iron treatment efficiency among non-anemic but irondeficient female blood donors: a randomized controlled trial.
BMC Medicine 2012, 10:8 doi:10.1186/1741-7015-10-8.

d'après jim.fr

 

26/01/2012 : Beau geste de chirurgiens plasticiens en faveur de patients déshérités

Paris, le vendredi 27 janvier 2012 - Certaines disgrâces, telle une dentition très abîmée, peuvent être un obstacle important à une vie professionnelle ou sociale. Cependant, pour les patients les plus pauvres, l’accès à des soins de réparation esthétique et dentaire est impossible faute de prise en charge par l’Assurance maladie. D’où l’idée de quelques chirurgiens de lancer l’association « Médicalement autre ». Cette organisation a pour but d’inciter les praticiens à « ne pas laisser de côté des gens qui n\'ont pas la chance de pouvoir se faire soigner normalement et par des techniques de pointe ».

L’organisation est présidée par le Dr Franck Amoyel, diplômé de parodontie, d\'implantologie et d\'esthétique dentaire et compte dans ses rangs le prothésiste Christophe Hue (Montmorency), le chirurgien-dentiste Cyril Gaillard et le chirurgien esthétique Guillaume Drossard (Bordeaux) ainsi que le professeur parisien Armand Paranque, spécialisé dans la chirurgie maxillo-faciale.



M.P.

 

17/10/2011 : Des conséquences neurologiques et auto-immunes de la vaccination contre la grippe A(H1N1)

A l’automne 2010, l’agence suédoise des produits médicaux signalait 6 cas de narcolepsie chez des enfants ou adolescents qui avaient reçu un vaccin monovalent adjuvé contre le virus A(H1N1) lors de la pandémie 2009-2010. Le nombre de cas est trop faible pour pouvoir tirer des conclusions définitives pour le moment, mais une étude publiée par le British Medical Journal est plutôt rassurante quant au risque d’effets indésirables neurologiques ou auto-immuns imputables à ce vaccin.

Plus de 1 million d’habitants de la région de Stockholm ont reçu ce vaccin (le seul utilisé en Suède contre la pandémie 2009-2010). Ils ont été comparés à plus de 900 000 autres non vaccinés, sur une durée de 8 à 10 mois suivant le vaccin.

Il n’est retrouvé aucune augmentation du risque de Guillain-Barré dans la population vaccinée par rapport à celle non vaccinée. Aucune augmentation non plus des cas de sclérose en plaques, de diabète de type 1, de polyarthrite rhumatoïde. En revanche, le risque de paralysie de Bell (paralysie faciale aiguë idiopathique) est augmenté chez les patients vaccinés (Hazard ratio HR : 1,25, Intervalle de confiance 95 % : 1,06 à 1,48) comme celui de paresthésies (1,11 ; 1,00 à 1,23), après ajustement pour l’âge, le sexe, les conditions socio-économiques et l’accès aux soins. Ceci correspond à un excès de risque de 8,4 cas pour 100 000 personnes vaccinées pour la paralysie faciale, et à 9,2 cas pour 100 000 pour les paresthésies.

L’analyse des résultats montre toutefois que ce sont les patients vaccinés pendant la première phase de la campagne qui sont victimes de cette augmentation du risque, de même qu’il est noté une augmentation du risque de maladies inflammatoires intestinales pour ces patients vaccinés pendant les 45 premiers jours. L’explication avancée par les auteurs est que la priorité avait été donnée à la vaccination des personnes fragilisées et donc déjà plus à risque de maladies auto-immunes ou neurologiques pré-existantes.

Notons toutefois que ces patients vaccinés dès le début de la campagne ont une diminution, légère mais significative, du risque de décès par rapport à ceux qui n’ont pas été vaccinés (0,94 ; 0,91 à 0,98).



Dr Roseline Péluchon

 

Bardage C et coll. : Neurological and autoimmune disorders after vaccination against pandemic influenza A (H1N1) with a monovalent adjuvanted vaccine: population based cohort study in Stockholm, Sweden.
BMJ 2011;343:d5956 doi: 10.1136/bmj.d5956

 

05/10/2011 : Les sages-femmes veulent mieux compter

Paris, le mardi 4 octobre 2011 – Depuis quelques années, les manifestations de sages-femmes ne sont plus exceptionnelles. Lasses de constater que leur spécificité et leurs compétences n’étaient pas mieux considérées, les sages-femmes ont multiplié depuis une décennie les défilés sur le pavé. Ainsi, leur dernière sortie remonte au 12 mai dernier où professionnelles libérales ou salariées du privé et du public défendaient des revendications communes : augmentation des rémunérations et meilleure reconnaissance de leur rôle. A l’issue de cette journée d’action, des négociations avaient été entreprises avec le ministère de la Santé. Cependant, ces discussions paraissent aujourd’hui s’épuiser. Les onze organisations représentant les sages femmes en France regrettent en effet que les négociations « traînent en longueur » et remarquent à titre d’exemple que la « deuxième réunion sur le statut des sages femmes hospitalières ne cesse d’être repoussée ».

La sage femme au cœur d’un dispositif moins technicisé

Aussi, les sages-femmes ont-elles décidé aujourd’hui de procéder à une petite piqûre de rappel de leurs différentes revendications. Au-delà de revendications tarifaires, c’est à un changement en profondeur de la prise en charge de la naissance que les sages-femmes aspirent. L’Intersyndicale observe en effet dans son communiqué d’appel à la grève que « Le choix des parents en matière de prise en charge de la grossesse et de l’accouchement n’est pas respecté : en réalité il n’y a d’autres possibilités que d’accoucher dans des structures hospitalières hyper technicisées, les maisons de naissance en France n’existent pas comme dans d’autre pays européens, il n’y a pas de véritable accès au plateau technique des maternités pour les sages-femmes libérales, pas de salle d’accouchement « physiologique » dans les maternités hospitalières sous la responsabilité des seules sages-femmes, garantes alors de cette physiologie, pas d’assurance pour les sages-femmes pratiquant l’accouchement à domicile ! ». On le voit, les sages femmes contestent les spécificités françaises en matière de prise en charge de la grossesse et de la naissance et plaident pour une « promotion de la sage femme comme premier recours de la femme enceinte ».

La Cour des Comptes dit oui aux maisons de naissance

Dans cette bataille presque idéologique, les sages-femmes viennent de voir se rallier à leur cause de façon plutôt inattendue la Cour des Comptes. Dans son rapport récemment publié sur la Sécurité sociale, la rue Cambon s’est en effet intéressée de plus près au destin particulier de cette profession dont le caractère « médical » est souvent méconnu. L’analyse de la Cour des Comptes conduit à une prise de position en faveur du développement des maisons de naissance, dispositifs qui restent très controversés en France. La pertinence d'expérimentations dans ce domaine a, en effet, on s’en souvient, donné lieu à de nombreux débats ces dernières années. A ces polémiques, la Cour des Comptes ajoute un argument économique : selon la direction générale de l’organisation des soins (DGOS), l’économie attendue des maisons de naissance s’élèverait à 7 milliards d’euros par an.

Des actes peu pratiqués car mal côtés

Cette adhésion au principe des maisons de naissance n’est pas l’unique observation de la Cour des Comptes qui satisfait aujourd’hui les sages femmes. Les magistrats ont également constaté que la nomenclature des actes professionnels actuels des sages-femmes libérales conduisaient à privilégier les consultations de préparation à l’accouchement au dépens « d’actes à plus forte responsabilité », tel le suivi global et post natal. « La tarification des séances de suivi post-natal (…) serait sans doute à revoir : elles ne sont tarifées que 18,55 euros soit 40 % de moins qu’un cours de préparation à l’accouchement individuel. De ce fait, cet acte est très peu pratiqué (il représente 1 % des actes). Il conviendrait de le rendre plus attractif, de même que la surveillance à domicile en cas de sortie précoce, pour inciter les sages-femmes à s’investir davantage dans le suivi post natal qui ne représente aujourd’hui que 3 % des actes pratiqués ». Une telle analyse, on s’en doute, ne pouvait que ravir les sages femmes qui la partagent presque entièrement, avec pour seule réserve qu’elles refusent que soit discréditée l’importance de la préparation à l’accouchement.

Ne pas compter sur une assurance quand on réalise un accouchement à domicile

Il est cependant des points sur lesquels la profession et la Cour des Comptes divergent. Quand parmi les revendications des sages femmes figure la nécessité d’une augmentation des effectifs, les magistrats de la rue Cambon relèvent que le nombre de sages-femmes a quasiment doublé au cours des deux dernières décennies et que l’urgence paraît plus certainement d’obtenir une meilleure répartition géographique de ces professionnelles. De même la Cour des Comptes estime indispensable de « faire strictement respecter l’interdiction de réaliser des accouchements à domicile programmés sans couverture assurantielle », alors que la levée de cette interdiction est sans surprise une des attentes des sages femmes. Enfin, les associations de sages-femmes militent pour des évolutions que la Cour des Comptes n’a pas examinées, telle la création d’instituts universitaires en maïeutique.



Aurélie Haroche

d'après JIM.fr

 
  
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