23/01/2019 : Alimentation, activité physique : Santé publique France rafraîchit ses recommandations


À la suite des avis récents de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) et du Haut Conseil de la santé publique, Santé publique France (SPF) a été chargée de formuler de nouvelles recommandations concernant l’alimentation et l’activité physique à destination de la population adulte. Ces dernières ont été présentées hier et se veulent « simples, pratiques et accessibles ».

En pratique, ces recommandations sont réparties en trois groupes : « Augmenter », « Aller vers » et « Réduire ». « Nous souhaitions donner de grandes orientations plutôt que des objectifs quantifiés. Ces formulations sont perçues comme moins contraignantes par le grand public. Elles suscitent un changement progressif, s’adaptant au rythme de chacun » explique Anne-Juliette Serry, responsable de l’Unité Alimentation et Activités physiques à Santé publique France.

Les nouveautés de 2019

Dans la catégorie de ce que l’institution recommande à tout un chacun d’augmenter, on trouve, pelle mêle, la consommation de fruits et légumes (notamment de légumes secs, au moins deux fois par semaine) et du « fait maison ». Elle recommande aussi d’augmenter son activité physique pour atteindre « 30 minutes d’activités physiques dynamiques par jour ».

Ainsi, les fruits à coque non salés font une entrée remarquée dans les recommandations nutritionnelles officielles, « compte tenu de leur intérêt nutritionnel » explique SPF.

Dans la catégorie « Aller vers », SPF suggère d’aller vers la consommation de poisson gras et maigres en alternance (2 fois par semaine), de pains et de féculents complets (au moins un par jour), de préférer l’huile de colza, de noix et d’olive et de manger des produits laitiers « en quantité suffisante mais limitée » (2 produits laitiers par jour).

Dans ce chapitre, on remarquera l’apparition de recommandations marquées par le souci environnemental, SPF préconise ainsi de privilégier les fruits et légumes de saison, les aliments de producteurs locaux et les aliments bio.

Dans la catégorie « à réduire », on retrouve, sans surprise, la viande, la charcuterie, les boissons et produits sucrés, l’alcool et les produits salés.

Concernant la viande et la charcuterie, dans ses recommandations « détaillées », SPF préconise spécifiquement une quantité hebdomadaire maximale de 500 g pour les viandes et 150 g pour la charcuterie.

Pour mieux déterminer les produits dont la consommation est à « réduire », SPF invite à se référer au logo Nutri-Score et incite à écarter de la liste de courses les produits avec un Nutri-Score D et E.
L’agence encourage enfin à réduire le temps passé assis dans la journée. « En effet, un individu peut à la fois être actif, c’est-à-dire faire du sport ou des activités physiques tel qu’il est recommandé, mais aussi être très sédentaire, c’est-à-dire passer beaucoup de temps assis et souvent de façon prolongée dans sa vie quotidienne » explique l’institution qui conseille de « ne pas restez assis trop longtemps » et de prendre « le temps de marcher un peu toutes les 2 h ».

 

source www.jim.fr

  16/01/2019 : Le vapotage explose chez les adolescents (américains)


Washington, le mercredi 16 janvier 2019 – Cette semaine, Dan Quick, élu du Nebraska a présenté un projet de loi dont l’objectif est d’augmenter l’âge autorisant à acheter des cigarettes électroniques et les liquides associés. Cette mesure, qui suscite des controverses au sein de l’état, témoigne de l’inquiétude des pouvoirs publics face à ce que beaucoup n’hésitent plus à qualifier "d’épidémie"  chez les jeunes américains. Après des années d’une lutte très efficace contre la nicotine, les Américains assistent en effet à une nouvelle progression de sa consommation.

Multiplication par deux du pourcentage d'adolescents vapoteurs de nicotine

Des chiffres issus de l’étude Monitoring the Future, conduite par l’Université du Michigan depuis 1975 auprès d’enfants et d’adolescents de quatrième (13/14 ans), seconde (15/16 ans) et terminale (17/18 ans), présentés dans l’édition du New England Journal of Medicine du 10 janvier, montrent en effet un véritable "record" de la progression de consommation de nicotine depuis le lancement de ces travaux. Pour chaque tranche d’âge, la proportion de vapoteurs de nicotine a pratiquement été multipliée par deux entre 2017 et 2018, passant de 3,5 % à 6,1 % chez les enfants de 13/14 ans, de 8,2 à 16,1 % pour les adolescents de 15/16 ans et de 11 à 20,9 % pour les jeunes de 17/18 ans. Richard Miech et ses collaborateurs de l’Université de Washington précisent que ces chiffres signifient que 1,3 millions d’adolescents supplémentaires se sont convertis au vapotage avec de la nicotine en un an. L’augmentation concerne également mais de manière moins marquée la proportion de vapoteurs de liquides parfumés (mais sans nicotine).

Porte d’entrée vers le tabagisme classique

Cette nouvelle porte d’entrée dans l’addiction à la nicotine qui pourrait mettre à mal les considérables efforts réalisés aux Etats-Unis contre le tabac (qui ont permis de faire descendre en dessous de 6 % la proportion d’élèves de terminale fumeurs) inquiète les spécialistes. « Ces chiffres montrent l’insuffisance des dispositifs légaux en vigueur »conclut ainsi Richard Miech qui invite à agir plus activement contre la guerre marketing de certains fabricants de cigarettes électroniques et notamment l’emblématique Juul dont la cigarette en forme de clé USB fait un tabac chez les jeunes. Les inquiétudes des spécialistes se fondent notamment sur la multiplication des travaux, qui bien que parfois contradictoires, suggèrent un risque de passage vers le tabagisme classique via la cigarette électronique. Une étude publiée dans l’American Journal of Medicine en avril 2018 signalait ainsi un risque six fois plus élevé d’installation d’un tabagisme habituel chez les jeunes utilisateurs de cigarette électronique par rapport à ceux n’ayant jamais testé ce produit.

La Food and Drug Administration (FDA) est consciente de cette urgence. Elle a multiplié l’année dernière les appels et les mesures pour limiter cette "épidémie", qui préoccupe d’autant plus qu’elle pourrait également favoriser une explosion de la consommation de cannabis. Or le vapotage de cannabis pourrait selon certaines études présenter une toxicité accrue par rapport aux modes de consommation habituels. 

Et ailleurs ?

Une telle tendance pourrait également s’observer dans d’autres pays. Au Canada voisin, une enquête institutionnelle a signalé une progression de l’utilisation de la cigarette électronique entre 2014-2015 et 2016-2017 chez les adolescents. Ainsi 23 % des lycéens ont déjà eu recours à ce dispositif contre 20 % deux ans plus tôt et 10 % en ont utilisé un dans les trente derniers jours contre 6 % en 2014-2015. En France, les derniers chiffres disponibles datent de 2014, époque à laquelle 15 % des jeunes de 17 ans indiquaient avoir déjà utilisé plus de dix fois dans leur vie une cigarette électronique, tandis que 2,5 % admettaient un usage quotidien. La situation pourrait avoir évolué, si ce n’est que les forces marketing en présence ne sont pas les mêmes qu’aux Etats-Unis et que la concurrence du tabac est bien plus forte qu’outre-Atlantique, la prévalence tabagique des lycéens français est en effet beaucoup plus élevée que celle de leurs alter ego américains.

 

source Jim.fr

  12/12/2018 : Obligation vaccinale : de premiers résultats très encourageants


Onze vaccins sont obligatoires en France pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Jusqu’à cette date, il n’y avait obligation n’était que pour 3 vaccins : diphtérie, tétanos et polio. D’autres étaient seulement recommandés : coqueluche, Haemophilus Influenzae (Hib), hépatite B, pneumocoque, rougeole, oreillons, rubéole et méningite C. La couverture vaccinale était insuffisante pour ces derniers, et les autorités sanitaires ont donc décidé d’instaurer une obligation vaccinale pour les 11 vaccins, mesure qui s’est accompagnée d’une très vaste campagne d’explications.

Forte progression pour les vaccins contre l’hépatite B et la méningite C

Un premier aperçu de l’impact de cette obligation sur la couverture vaccinale est fourni par les résultats d’une enquête en ligne menée par « l’Institut des mamans » en septembre 2018. Le questionnaire était envoyé à un échantillon représentatif de 1 000 mères d’enfants de 0 à 11 mois.

La première évaluation concerne la proportion d’enfants de 6 à 8 mois ayant reçu au moins 1 dose des vaccins recommandés à 2 et 4 mois et 1 dose de vaccin contre la méningite C, recommandé à 5 mois. Pour les premiers, les couvertures vaccinales pour la diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, Hib, qui étaient déjà élevées, restent stables (≥ 97,0 %), tandis qu’une forte progression, de 8,1 points est notée pour au moins 1 dose de vaccin contre l’hépatite B (96,8 % en 2018 vs 88,7 % en 2017). Le taux de vaccination contre le pneumocoque était lui aussi élevé en 2017 et ne progresse que légèrement (96,1 % vs 94,0 %). Une augmentation très importante du taux de vaccination contre la méningite C est aussi notée, qui passe de 43,0 % en 2017 à 74,2 % en 2018 (mais remarquons que l’introduction de cette vaccination à l’âge de 5 mois ne s’est faite qu’en avril 2017).

Des mères de mieux en mieux informées et de plus en plus favorables

Cette augmentation de la couverture vaccinale n’est peut-être pas le résultat de la seule obligation. L’enquête montre en effet une augmentation sans précédent de l’intérêt des parents pour le programme de vaccination. Cela serait une conséquence positive de la campagne d’information menée par les autorités sanitaires, à travers de nombreux media. Les mères interrogées se disent en effet plus favorables à la vaccination contre toutes les maladies graves évitables par les vaccins (68,4 % en 2018 vs 64,7 % en 2017) et estiment qu’elles sont désormais mieux informées sur les vaccins (69,4 % vs 64,6 %), changement d’autant plus remarquable qu’il fait suite à plusieurs années de désintérêt pour le sujet. La proportion des mères favorables à l’obligation vaccinale passe de 35,7 % à 48,4 %, pendant que le nombre de celles qui y sont opposées décline, de 18 % à 10,9 % comme celui de celles dont l’opinion varie selon le vaccin (41,4 % vs 32,9 %).

 
Il s’agit bien là de résultats encourageants. L’étude Vaccinoscopie 2019 apportera un complément d’informations pour mieux comprendre l’impact de l’obligation sur la couverture vaccinale.

 

source Jim.fr

  09/12/2018 : De plus De plus en plus de médecins, de moins en moins de praticiens et des déserts toujours plus désertiques !


Paris, le mercredi 5 décembre 2018 - Le Conseil national de l’Ordre des médecins publie l’Atlas 2018 de la démographie médicale.
 
Ces travaux mettent en évidence que si le nombre de médecins inscrits au tableau de l’Ordre est en augmentation (296 755 au 1er janvier 2018, +2% par rapport à 2017), et si le nombre de médecins en activité régulière n’est qu’en légère baisse (-0,1%), ce recul s’inscrit dans une diminution continue qui a atteint 10 % depuis 2010 !
 

Cette tendance concerne en premier lieu les médecins généralistes. S’ils étaient 94 261 en activité régulière en 2010, ils ne sont plus que 87 801 en 2018, soit une baisse de 7,3% depuis 2010 (0,4% depuis 2017).

Les médecins ont par ailleurs de plus en plus les yeux de Chimène pour l’exercice salarié, ce qui coïncide avec une diminution du nombre de médecins en équivalent temps plein dans notre pays. C’est le mode d’exercice choisi par 47% des médecins en 2017, soit 5 points de plus qu’en 2010.

Les mesures incitatives ont prouvé leur inefficacité

Une fois de plus, cet Atlas de la démographie médicale signale donc l’insuffisance du renouvellement générationnel, alors que les étudiants admis en faculté après les premiers desserrements du numerus clausus commencent seulement à entrer dans la carrière.
 
En outre, les inégalités entre les départements en termes de densité médicale continuent de s’accentuer. Depuis 2010, les départements les plus mal lotis ont connu une dégradation plus rapide de leur densité médicale. On constate ainsi que la densité de généralistes a chuté de 9,8 % dans les localités les mieux pourvus quand elle chutait de 19,8% dans les territoires déjà les plus désertifiés.
 
On peut donc conclure à l’inefficacité des mesures incitatives à l’installation dans ces zones déjà dépourvues de services publics et de commerces.
 

Dans ce contexte, l’institution annonce qu’elle publiera au début de l’année 2019 des propositions concrètes sur les dix chantiers retenus dans le cadre du plan « Ma santé 2022 »…à moins que la majorité à l’Assemblée nationale n’ait changé d’ici là !

d'après jim.fr

  24/10/2018 : Champignons: les cueillir et les consommer en toute sécurité


  01/10/2018 : Non, la vaccination régulière contre la grippe ne diminue pas l?efficacité du vaccin !


Une équipe suédoise s’est penchée sur le sujet et a réalisé une étude de cohorte incluant, au cours de 6 saisons grippales consécutives (2011/12 à 2016/17), plus de 1 million de personnes âgées de plus de 65 ans. Selon l’année, entre 69 % et 83 % de ces personnes ont été vaccinées pour la grippe saisonnière, et si l’on considère les saisons 2015/16 et 2016/17, près des 2/3 des personnes avaient été vaccinées 4 à 5 fois au cours des saisons précédentes, 1/3 avait été vaccinées 1 à 3 fois et 5 % n’avaient jamais été vaccinées. Durant les 6 saisons grippales, 3 623 personnes elles ont été hospitalisées pour une grippe sévère, le plus grand nombre de cas concernant les saisons où la souche prédominante était la A(H3N2), c’est-à-dire les saisons 2014/15 et 2016/17.

La meilleure prévention possible

Pour aucune de ces épidémies, l’efficacité vaccinale n’est significativement différente chez les personnes vaccinées au cours de la saison en cours seulement, en comparaison avec les sujets qui avaient été vaccinés aussi la saison précédente, ni avec ceux qui avaient déjà reçu 1 à 3 ou 4 à 5 vaccinations antérieures. En revanche, les données confirment que les personnes qui avaient été vaccinées 1 ou plusieurs fois auparavant, mais pas pour la saison en cours, n’ont plus aucune protection pour l’année en cours.
 
Bien qu’il y ait un besoin urgent d’un vaccin anti-grippal plus efficace chez les personnes de plus de 65 ans, et particulièrement contre la grippe A(H3N2), la vaccination saisonnière reste la meilleure prévention disponible. Ce travail montre que les personnes de ce groupe d’âge peuvent être vaccinées chaque année, sans risque de voir se réduire l’efficacité du vaccin.
 
source JIM.fr

  01/10/2018 : Les pères des nouvelles immunothérapies anti-cancer récompensés par le Prix Nobel


Paris, le lundi 1er octobre 2018 – Les paris étaient comme tous les ans soutenus. Depuis quelques années, deux noms sont placés en haut de la liste : ceux des chercheuses française et américaine, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, pour leur identification d’une nouvelle méthode d’édition du génome, le révolutionnaire Crispr-Cas9. Mais, comme souvent, l’Académie Nobel a faussé les pronostics et décerné sa prestigieuse distinction à des scientifiques peut-être un peu plus discrets, mais dont les travaux sont tout aussi fondamentaux.

Accélération

Le cadet, James P. Allison, est un chercheur américain de 70 ans affilié à l’université du Texas et au Parker Institute for Cancer Immunotherapy de San Francisco. Contacté par l’agence de presse suédoise TT après l’annonce de l’Académie, il a confié : « J’en rêvais, mais je ne pensais pas que cela se réaliserait. Ça me semblait trop gros ».
 
Son co-lauréat est l’immunologiste japonais Tasuko Honjo de l’université de Kyoto, âgé de 76 ans. Les deux hommes ont été récompensés pour avoir « montré comment différentes stratégies d’inhibition des "freins" du système immunitaire pouvaient être utilisées dans le traitement du cancer » indique le communiqué du Prix Nobel. Imagé, ce dernier ajoute que les deux scientifiques sont parvenus à « lâcher les freins » et « appuyer sur les bonnes pédales d’accélération » du système immunitaire.

Révolution

Avec son équipe de l’université de Californie à Berkeley, James P. Allison est sorti des sentiers battus de la recherche. Alors que dans les années 1990, les travaux sur le mécanisme de la protéine CTLA-4 sont nombreux, James P. Allison explore une voie particulière. Il a entrepris de déterminer si le blocage de CTLA-4 pouvait permettre de dépasser le "frein" des lymphocytes T et ainsi libérer le système immunitaire pour attaquer les cellules cancéreuses, comme l’explique le communiqué du Prix Nobel. De son côté, Tasuku Honjo s’est concentré sur un autre acteur, PD-1, dont il a analysé l’ensemble des mécanismes et des fonctions au sein de son laboratoire de l’université de Kyoto. Il a ainsi pu identifier que PD-1 fonctionnait aussi à la manière d’un frein des lymphocytes T. Il a lui aussi pu démontrer que le blocage de PD-1 pouvait permettre de nouvelles réponses immunitaires. Si les premiers essais ont mis en évidence l’efficacité de ces stratégies isolées, les nouveaux traitements qui combinent une action visant CTLA-4 et PD-1 offrent des résultats inespérés. Ils sont à l’origine des nouvelles immunothérapies développées contre plusieurs cancers (notamment le mélanome métastatique) qui suscitent un intérêt croissant.

Pour le comité du Prix Nobel, après plusieurs décennies de recherches sur les réponses immunitaires face au cancer, qui n’avaient permis que des avancées modestes, les travaux de James P. Allison et de Tasuku Honjo et l’avènement des « checkpoint therapies » ont contribué à une véritable « révolution ».

source jim.fr

  11/07/2018 : Vaccination : l?opération « restaurons la confiance » en passe d?être gagnée ?


Les réflexions qui ont précédé l’extension des obligations vaccinales dans notre pays avaient signalé combien la concomitance entre des vaccinations obligatoires et des vaccinations "uniquement" recommandées pouvaient favoriser, notamment vis-à-vis de ces dernières, un certain mouvement de défiance. Pour autant, si le choix par les pouvoirs publics de l’obligation permet d’affirmer la confiance du gouvernement dans la vaccination et donc potentiellement de rassurer les populations, il peut néanmoins également être perçu comme une manœuvre forcée déguisant un aveu de faiblesse ou pire des intérêts inavouables. 

Face à ces observations équivoques, beaucoup s’interrogeaient sur les conséquences de l’extension de l’obligation vaccinale sur la confiance globale des Français que l’on savait chancelante et particulièrement basse par rapport à de nombreux autres pays (même occidentaux). 

Une augmentation de 14 points en deux ans

Les résultats du sondage conduit par l’IPSOS pour le LEEM (syndicat de l’industrie pharmaceutique) apparaissent rassurants et même encourageants (même si toute enquête souffre de biais et si des confirmations demeurent nécessaires). Aujourd’hui 83 % des Français se déclarent favorables à la vaccination pour eux et leurs proches dont 34 % assurent même y être « tout à fait favorables ». Ces proportions ont nettement progressé : seuls 69 % des Français s’affirmaient favorables à la vaccination en 2016. « La prise de parole forte des pouvoirs publics contribue à réduire l’inquiétude vis-à-vis des vaccins » s’est félicité le patron du LEEM Philippe Lamoureux. 

L’arme du fact-checking

Cette réplique des pouvoirs publics ne s’est pas uniquement manifestée par l’adoption, sans tergiversation, d’une mesure simple : l’extension vaccinale. Une forte présence sur les réseaux sociaux a également contribué à renverser certaines tendances. Une étude confiée à la société La Netscouade chargée d’analyser les conversations sur les vaccins sur les réseaux sociaux entre juin 2017 et juin 2018 a en effet mis en évidence : « la forte présence dans les discussions des ministères et des instituts de recherche ». Le rapport du LEEM à partir des constatations de La Nestscouade signale même que « sur Youtube, la lutte contre la désinformation a été exemplaire. Les contenus faux ont été majoritairement supprimés, afin de favoriser le fact-checking, à l’instar de la campagne menée par le Ministère des Solidarités et de la Santé avec des Youtubeurs scientifiques». Cette résistance n’a pas été que le fait des acteurs institutionnels, on constate également sur « Twitter, les communautés de professionnels de santé et de médecins se sont mobilisées contre les argumentaires antivaccins. Le grand public a largement fustigé les positions antivaccins par le biais de l’humour et de la dérision », indique le LEEM. L’effet combiné et la réactivité des uns et des autres paraissent contribuer à apaiser le débat. 

Ainsi, les analyses de La Netscouade montrent qu’après une forte activité à la fin de 2017 autour de l’annonce de l’extension de l’obligation et de l’entrée en vigueur de cette dernière, on constate aujourd’hui « un retour à la normale des retombées et discussions autour de la vaccination ». 

Des jeunes vulnérables aux fake news

Demeurent cependant quelques éléments préoccupants. D’abord, contre la plupart des maladies, la couverture vaccinale demeure insuffisante et fait le lit d’épidémies, comme on le constate actuellement avec la rougeole, dont la flambée n’est également peut-être pas totalement étrangère au regain de confiance dans la vaccination (on a ainsi observé une hausse des ventes de vaccin dans les régions les plus touchées). Par ailleurs, des leaders actifs continuent à sévir, tel le professeur Joyeux sur sa page Facebook. A cet égard : « La certification de sa page (…) renvoie une partie de la responsabilité de son audience à la plateforme Facebook, qui n’a pas lutté activement contre la désinformation » déplore le LEEM. Enfin, il apparaît que les jeunes demeurent toujours assez sensibles aux discours anti-vaccins. L’enquête de La Netscouade signale ainsi que « les e-parents constituent une population en plein doute, ciblée par la désinformation des antivaccins ». 

Par ailleurs, une récente enquête de la mutuelle étudiante la SMEREP met en évidence l’ambiguïté des étudiants et leur vulnérabilité aux fake news. Ainsi, alors que 92 % des jeunes gens interrogés se disent d’accord avec l’assertion selon laquelle : « la vaccination doit être obligatoire pour certaines pathologies », ils sont parallèlement 50 % à penser que certaines pathologies sont liées aux vaccins. La lutte sera donc encore longue et appliquer certaines des préconisations formulées par les experts du LEEM (dont l’implication plus grande de l’école) ne sera sans doute pas inutile. 

source jim.fr

  20/06/2018 : Portrait-robot des étudiants inscrits en PACES


Qu’est-ce qui motivent autant de néo-bacheliers à se lancer dans le cursus des études en santé connaissant l’extrême sélectivité des concours ? C’est en substance la question que se sont posés des chercheurs des Universités de Rennes 1 et de Bretagne Occidentale pour mettre sur pied une étude régionale impliquant près de 1 500 lycéens venant d’obtenir leur baccalauréat et inscrits en Première année commune des études de santé (PACES).
 
Premier constat : l’hégémonie sans partage des bacheliers issus de la filière scientifique (S) qui représentent 98,6 % des inscrits en PACES. Dans le détail, ils sont majoritairement des filles (76 %) et ont plus souvent choisi la filière Sciences de la vie et de la Terre (SVT) (76 %) que la spécialité physique-chimie (24 %). Enfin, même si ces études attirent plus souvent des lycéens ayant un bon, voire un très bon niveau scolaire (surreprésentation des mentions "Bien" et "Très bien" par rapport à la moyenne nationale), ils sont tout de même 26,2 % à avoir obtenu la mention "Assez bien" et 18,2 % à ne pas avoir décroché de mention. Ces derniers sont d’ailleurs plus prompts à mettre en avant le degré de difficulté que représente cette filière.

Des facteurs scolaires et sociaux propices

Sans surprise, l’analyse des caractéristiques sociales des lycéens intégrés à l’enquête indique une forte présence des classes sociales favorisées : près de 41 % d’entre eux ont un père appartenant à la catégorie « cadres, professions intellectuelles supérieures, professions libérales » et 30,7 % ont une mère appartenant à la même catégorie. Il apparaît toutefois que les garçons ont plus souvent des parents diplômés de l’enseignement supérieur que les filles. Les auteurs en concluent qu’il « existe une sélection sociale un peu plus élevée pour les garçons et une forme d’ouverture sociale pour les filles ». Par ailleurs, 55 % des lycéens entrant en PACES déclarent avoir dans leur entourage une ou plusieurs personnes exerçant un métier dans le domaine de la santé.
 
Concernant la motivation, elle est maximale, tout du moins juste avant l’entrée en PACES. Plus de 90 % des répondants déclarent vouloir faire un métier de la santé « pour se sentir utile », mais ne rejettent pas des motivations plus intellectuelles comme l’intérêt pour les matières scientifiques ou le besoin de stimulation intellectuelle. La garantie d’un revenu confortable (27 %) et celle d’un emploi assuré (27 %) arrivent quant à elles derrière le bénéfice ressenti de l’accomplissement personnel (51%). La confiance est également au rendez-vous puisque 8 lycéens sur 10 pensent avoir une chance de réussir du premier coup, bien qu’ils connaissent le faible taux de réussite. Au final, le taux de réussite global parmi les répondants a été de 13,9 %. Les 133 admis étaient tous titulaires d’un baccalauréat S, dont les trois-quarts avec une mention TB.
 
 
 source jim.fr

 

  06/06/2018 : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les pharmaciens?


Dans un rapport publié en ligne, l’Ordre national des pharmaciens dresse un panorama de la démographie de la profession.
 
Rappelons, en préambule, que l’inscription à l’Ordre s’effectue par métier, dans les différentes sections [A (officine), B (industrie), C (distribution), D (adjoint), E (outre-mer) G (biologie) et H (Hôpital)].
 
En 2017, le nombre de pharmaciens inscrits à l’Ordre, recensés selon leur activité principale, a légèrement décru (-0,53 % par rapport à 2016) et 74 043 ont été dénombrés, contre 74 441 l’an passé.
 
Au total, en une décennie, le nombre d’inscrits a augmenté de 1,6 % et presque trois-quarts des pharmaciens exercent dans les officines. Cependant, cette orientation « classique » attire moins (-5,7 % depuis 2007) et on constate un intérêt grandissant des pharmaciens pour certaines filières comme l’industrie (+13,1 % d’inscrits en dix ans) ou les établissements de santé (+39,4 %).
 
Notons encore que la pharmacie est une profession particulièrement féminisée : 67,3 % des pharmaciens sont des femmes.
 
Au final, en 2017, 2 233 pharmaciens se sont inscrits à l’Ordre, soit 56 de moins que l’année précédente et le rapport entre le nombre de nouveaux inscrits diplômés depuis trois ans ou moins et le nombre de postes ouverts au concours six années plus tôt, continue d’augmenter, passant de 36,6 % en 2016 à 37,6% en 2017, ce qui signifie que 1163 étudiants ayant franchi le numerus clausus ne se retrouvent pas inscrits à l’Ordre. En effet, certains domaines comme le secteur de l’industrie ou la presse pharmaceutique ne nécessitent pas d’inscription à l’Ordre.

Vers un rajeunissement !

Si pour cette année, l’âge moyen des pharmaciens reste inchangé en 2017, à 46,7 ans, la structure de la pyramide des âges laisse présager un rajeunissement futur de la population des pharmaciens. Deux phénomènes sont effet à l’œuvre, le départ à la retraite de la génération actuellement la plus nombreuse et l’arrivée relativement importante d’une population de jeunes pharmaciens. Au total,  dans les dix ans à venir, les 21 793 pharmaciens de 56 ans et plus en 2017 sont susceptibles de cesser leur activité et  le flux annuel des entrants dans la carrière devrait permettre le remplacement de ceux qui la quittent.

Ces pharmaciens venus d’ailleurs

Outre les étudiants français qui obtiennent un diplôme étranger puis reviennent s’installer en France l’Ordre accueille pas moins de 38 nationalités ! Parmi ces pharmaciens venus d’ailleurs, 54,6 % sont issus du continent africain et 37,3 % sont ressortissants d’un pays membre de l’Espace Économique Européen (parmi eux, on dénombre 144 Italiens, 136 Belges, 77 Espagnols et 69 Roumains), 7,4 % des pharmaciens étrangers sont asiatiques (Moyen-Orient compris).
 
Enfin, 73,8 % des pharmaciens français diplômés dans un État membre de l’Union européenne autre que la France ont obtenu ce diplôme dans un pays frontalier (55 % en Belgique).

Quand la pharmacie meurt

En 10 ans, 1 377 officines ont été fermées avec une accélération notable ces 3 dernières années. Les évolutions réglementaires intervenues récemment (SEL, SPFPL, ordonnance sur le maillage officinal) ont également favorisé les regroupements.
 
Il existe un mode de fermeture que l’on peut qualifier d’actif. Il s’agit soit de regroupements (fusion d’officines), soit d’une cession de clientèle pour laquelle le vendeur obtient une compensation financière. Les autres modes de fermetures peuvent être qualifiés de contraints. Il s’agit notamment d’une restitution de licence (fermeture sans repreneur avec remise de la licence à l’ARS). La tendance pour 2017 est la progression continue du nombre de regroupements et la diminution du nombre de liquidations judiciaires.
 
Depuis 2012, les cessions d’officines ont quant à elle baissé de 9,4%, passant de 1 314 à 1 191 en 2017. Mais cette évolution suit la baisse du nombre d’officines. Ramené au nombre d’officines, le nombre de cessions reste constant, autour de 5% par an.
 
Reste que le maillage territorial demeure de bonne qualité puisque pour 100 000 habitants, on recense en moyenne 32,6 officines (stable par rapport à 2016), 3,8 pharmacies à usage intérieur (PUI) et 7,3 laboratoires de biologie médicale.

La solitude du pharmacien de fond

Malgré cette tendance au regroupement, le métier de pharmacien d’officine demeure, parfois, une profession solitaire.
 
Ainsi, parmi les 16 203 officines n’ayant qu’un seul pharmacien titulaire, ce dernier exerce sans aucun autre confrère salarié, dans 23 % des cas (3 656 officines). En considérant les 21 192 officines de métropole, 17 % d’entre elles sont gérées par un titulaire n’ayant pas de collaborateur pharmacien. 
 
Si ce tableau est globalement encourageant et si la situation des pharmaciens, et en particulier des officinaux, demeure satisfaisante, de nombreuses menaces (remise en cause du monopole pharmaceutique, contraintes de plus en plus grandes…) pèsent sur l’avenir qui pourrait ne pas être si radieux, comme le faisait remarquer au JIM, le président de la FSPF, Philippe Gaertner.
 

source jim.fr

  02/05/2018 : Vaccination: Combien de vies d?enfants épargnées ?


Certains décès d’origine infectieuse pourraient être évités chez l’enfant grâce à la vaccination. Mais cela dépend du taux de couverture vaccinale, de la disponibilité du vaccin, de ses contre-indications, de son éventuelle prise en charge ou non. Peu d’études ont été consacrées aux morts potentiellement évitables, heureusement très rares mais particulièrement douloureuses.

Des chercheurs de l’Université de Sydney ont recensé les décès survenus en Nouvelle Galles du Sud de 2005 à 2014, avec l’impact éventuel de la vaccination. Les sources étaient le registre des décès de l’état et celui des maladies à déclarer. Le programme national d’immunisation comportait pendant cette période 16 vaccinations. Les dossiers médicaux et d’autopsie ont été revus. Les cas ont été classés en confirmés s’il y avait identification de l’agent pathogène sur un prélèvement clinique et des constatations compatibles à l’autopsie et probables si les résultats des examens de laboratoire suggéraient l’implication d’un pathogène ou si celui-ci était isolé post-mortem ou encore lorsqu’il y avait proximité avec un malade et des éléments évocateurs à l’anatomie pathologique. La méthode de capture/recapture a été utilisée pour estimer le nombre réel de décès. Ces décès ont été classés en évitables en fonction de la disponibilité en vaccin, l’âge des enfants et l’absence de contre-indications et en non évitables. 

Près de la moitié des décès auraient pu être évités

En tout, 54 décès ont été identifiés certainement ou probablement dus à des maladies évitables lorsque la vaccination était disponible. Le taux moyen de mortalité annuelle a été de 0,33/100 000 enfants et 2,1/105 nourrissons. Les deux tiers sont survenus chez des enfants sans comorbidité connue. Aucun enfant n’avait été vacciné contre la maladie en cause excepté l’un d’eux atteint d’une infection invasive à pneumocoque 19A, correctement vacciné et considéré comme un échec de la vaccination. Parmi les germes en cause, le virus de la grippe arrivait en premier avec 15 décès (12 de ces enfants auraient dû être vaccinés), puis les pneumocoques (15 cas), les méningocoques (12 cas) et d’autres germes (11 cas). Sur ces 53 cas, 23 auraient pu être évités par la vaccination dont 12/15 grippes, 5/12 méningocoques, 4/15 pneumocoques. 

Plusieurs facteurs ont modifié récemment cette évaluation : la possibilité de vacciner les mères en fin de grossesse pour les petits nourrissons (grippe 3/15), l’apparition d’un vaccin anti-méningocoque B (7/12), le vaccin anti-pneumocoque 13 valences (3/15).

Ainsi, deux mesures peuvent améliorer le taux des décès évitables, la vaccination en fin de grossesse (grippe, coqueluche) et la mise au point de vaccins incorporant des sous-types supplémentaires (pneumocoque, méningocoque B, grippe).

source jim.fr

 

  26/02/2018 : Avis de grand froid : attention aux patients cardiaques


La vague de grand froid venue de Sibérie qui s’abat sur l’Hexagone augmentera les risques d’infarctus dans les quatre semaines à venir.

Bien que des températures jusqu’à -10 °C, avec un ressenti de -18 °C, soient attendues en ce début de semaine, les effets du froid sur les risques cardiovasculaires restent peu médiatisés. Pourtant, chaque degré en moins augmente de 2 % le risque d’infarctus du myocarde.

source le quotidien du pharmacien

  21/02/2018 : Régime sans gluten : moins de gluten mais plus de métaux lourds dans le sang


Minnesota, Etats-Unis – Le régime sans gluten est devenu une réalité qui concerne bien plus de personnes que celles pour lesquelles il est nécessaire, c'est-à-dire celles qui sont atteintes d'une maladie cœliaque. Médecins et scientifiques commencent à s'interroger sur les bienfaits et les dangers d'une éviction du gluten pour les individus exempts de maladie cœliaque. Joseph A. Murray et ses collègues de la Mayo Clinic (Minnoseta, Etats-Unis) viennent de montrer une augmentation de la bio-accumulation de métaux lourds chez les individus qui ne mangent pas de gluten[1].

Plus de mercure, de plomb, de cadmium et d’arsenic

Joseph A. Murray s'est appuyé sur les données de la grande étude américaine NHANES (The National Health and Nutrition Examination Survey), collectées entre 2009 et 2012. Parmi les 11 354 participants, 55 étaient atteints d'une maladie cœliaque dont le diagnostic a été vérifié ou réalisé par l'équipe de la Mayo Clinic et 115 suivaient un régime sans gluten. Les analyses sanguines des participants incluaient entre autres les concentrations sanguines en mercure, plomb et cadmium. Les concentrations urinaires en arsenic étaient disponibles pour 3901 personnes qui ne suivaient pas un régime sans gluten et pour 32 qui en suivaient un (voir tableau).

Aucune de ces valeurs n'atteint les concentrations critiques fixées par l’agence gouvernementale fédérale Occupational Safety and Health Administration(OSHA). Mais, les métaux lourds ne sont pas éliminés avec le temps et s'accumulent dans l'organisme, d’où des doutes sur les effets biologiques sur le long terme. Des études complémentaires sont nécessaires, écrivent Joseph A. Murray et ses collègues.

« Depuis les études sur la baie polluée de Minamata au Japon et la riche littérature scientifique sur les maladies professionnelles, on sait que l'exposition aux métaux lourds, neurotoxiques, peut être à l'origine de maladies neurodégénératives et de cancers » précise le Dr Laurent Chevallier(médecin nutritionniste, Montpellier).

D'après les auteurs de l'étude, cette sur-exposition aux métaux lourds s'expliquerait par un changement dans les préférences alimentaires. Ceux qui suivent un régime sans gluten consomment plus de produits connus pour être « contaminés » comme le riz, le poisson et les coquillages et crustacés.

« Cette étude est un argument supplémentaire pour affirmer que le régime sans gluten, considéré comme plus sain, ne l'est, en fait, pas plus qu'un régime alimentaire normal », considère le Pr Christophe Cellier, chef de Service d'Hépato-gastro-entérologie et Endoscopie Digestive à l'Hôpital Européen Georges Pompidou (Paris).

« Il faut réserver et conseiller le régime sans gluten à ceux qui en ont vraiment besoin : ceux qui sont atteints d'une maladie cœliaque ou qui ont une hypersensibilité démontrée au gluten », ajoute-t-il.

Un engouement sans grande preuve scientifique

En France, il n'y a pas de données précises concernant la mode des régimes sans gluten. Il semble qu'on assiste à une expansion du phénomène avec un temps de retard par rapport aux Etats-Unis.

 « Parmi les patients que je vois en consultation, ceux qui ont vu un naturopathe ont toujours reçu comme recommandation d'arrêter le lactose et le gluten, et ce, quelle que soit leur pathologie. Dans l'inconscient collectif, le « sans gluten » a acquis un statut de santé », indique Laurent Chevallier.
 
Les sportifs internationaux de haut niveau ont contribué à l'engouement pour le « sans gluten », qui, d'après eux, serait à l'origine de leur réussite. Pourtant, « une étude australienne en double aveugle sur les coureurs cyclistes de haut niveau a montré que le régime sans gluten n'améliorait pas la performance sportive », rappelle le Pr Cellier [2] .
 
Autres conséquences d'un régime sans gluten :  le gluten est souvent apporté par des céréales complètes riches en fibres et en micronutriments dont l'éviction, potentiellement à l'origine de carences nutritionnelles, est dommageable pour la santé. En 2017 un article du British Medical Journal concluait à une absence de bénéfice cardiovasculaire, voire à un risque coronaire en raison d'une baisse de la consommation de céréales complètes (facteur protecteur), des régimes pauvres en gluten [3].
 

Quant aux produits industriels sans gluten, ils sont souvent riches en graisses saturées et présentent un index glycémique élevé.

 

source medscape.fr

  20/02/2018 : Les agressions de pharmaciens ont triplé en un an


En moins d’un an, les déclarations d’agressions à l’ordre des pharmaciens ont triplé. C’est d’abord le résultat d’une simplification de la démarche, mais les violences contre les officines semblent se généraliser. Depuis avril 2017, 240 pharmaciens ont déclaré avoir été victimes d’une agression, contre 92 en 2016. Alain Marcillac, référent sécurité à l’Ordre national des pharmaciens, fait le constat d’une “augmentation de l’insécurité pour les pharmaciens” qui va “de la remarque désagréable à la menace, par couteau, par pistolet et jusqu’aux actes physiques”. Il ajoute: “C’est très traumatisant pour l’équipe officinale”. En 2016, la moitié seulement des pharmaciens victimes d’agression ont porté plainte.

 

source BFM

  07/02/2018 : Substances psychoactives : on est plus sérieux qu?avant quand on a 17 ans


Pour la neuvième fois, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) en partenariat avec la Direction du service national et de la jeunesse du ministère des Armées a interrogé un échantillon de jeunes de 17 ans participant à la journée défense et citoyenneté (JDC). En mars 2017, ce sont ainsi 46 054 appelés qui ont répondu à un questionnaire anonyme portant sur leur consommation de substances psychoactives.

La cigarette n’a plus la cote…

Comme le notent les auteurs de ces travaux : « l’évolution la plus remarquable depuis la dernière enquête concerne le tabagisme ». Ainsi, en 2017, 59 % des adolescents disent avoir déjà essayé un produit du tabac contre 68,4 % en 2014 ! La consommation quotidienne marque, elle aussi, nettement le pas : seuls 25,1 % des adolescents fument en effet tous les jours contre 32,4 % en 2014.

L’âge moyen d’expérimentation a continué de s’élever, quel que soit le sexe, 14,4 ans en moyenne contre 14,0 ans trois ans plus tôt, mais point négatif, le délai entre une première cigarette et le passage à une consommation quotidienne s’est encore resserré et est ainsi de 13 mois en moyenne contre 22 mois il y a dix ans. 

…le narguilé et l’e-cigarette non plus !

En 2017, la moitié des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà fumé le narguilé ou la chicha (49,9 %). En comparaison avec la cigarette, l’expérimentation se révèle un peu plus tardive de quelques mois (14 ans et 11 mois en moyenne, soit 14,9 ans) et la pratique marque là aussi un net repli par rapport à 2014 (64,7 %).
L’usage de l’e-cigarette, s’il a été expérimenté par 52,4 % des jeunes de 17 ans contre 53,3 % en 2014 demeure occasionnelle (34,9 % des expérimentateurs se sont contentés d’essayer). 

L’usage dans le mois a lui aussi diminué de 5 points par rapport à 2014 et le « vapotage » quotidien reste quasi inexistant (1,9 %). Il est a noté que l’expérience de l’e-cigarette se fait en moyenne à 15 ans et 5 mois, c’est à-dire un an après l’expérimentation de la cigarette classique, ce qui pourrait constituer un argument de plus aux défenseurs de la cigarette électronique qui assurent qu’elle n’est pas une « porte d’entrée » vers le tabagisme. 

Au pays du bon vin ça bouge enfin

Autre bonne nouvelle, si rares sont les jeunes Français n’ayant jamais trempé leurs lèvres dans un verre l’alcool (seuls 14,3 % des jeunes de 17 ans n’en n’ont jamais bu !), la consommation régulière fait une chute vertigineuse et n’est plus rapportée que par 8,4 % des sondés contre 12,3 % en 2014 ! 
Cette dernière, demeure principalement masculine et concerne 12,0 % des garçons contre à peine 4,6 % des filles de 17 ans. 

S’agissant des comportements d’alcoolisation ponctuelle importante (API)*, la moitié des jeunes de 17 ans disent avoir connu un tel épisode dans le mois précédant l’enquête, soit sensiblement moins qu’en 2014 (44,0 % vs 48,8 %). En ce qui concerne les API répétées (au moins trois épisodes au cours du mois), elles ont également diminué (16,4 %, contre 21,8 % en 2014), alors que les API dites « régulières » (au moins dix fois) ne concernent, comme en 2014, qu’une très faible part des adolescents (2,7 %).

Enfin concernant le très médiatique binge drinking, interrogées sur ce point pour la première fois, 3 % des personnes sondées déclarent avoir déjà été ivres « au point de vomir ou de tout oublier » durant le mois écoulé et autant disent avoir déjà été admis dans leur vie aux urgences parce qu’elles avaient trop bu.

Baisse de consommation de cannabis…

En 2017, 39,1 % des adolescents de 17 ans ont déjà fumé du cannabis au cours de leur vie. Cette prévalence est la plus basse jamais enregistrée et elle est inférieure de 9 points à celle de 2014 ! La baisse des usages de cannabis concerne l’ensemble des indicateurs : l’usage dans l’année diminue de 7 points (38,2 % vs 31,3 %), l’usage régulier de 2 points (9,2 % à 7,2 %) et comme pour l’alcool, les consommations sont d’autant plus masculines que leur fréquence est élevée.

L’âge moyen de l’expérimentation demeure lui stable à 15,3 ans.

Notons que l’on peut ajouter à ces statistiques, les consommations, certes encore faibles (3,8 % d’expérimentateurs) de "nouveaux produits de synthèse" (NPS) qui sont à 87 % des cannabinoïdes.

…mais augmentation des usages problématiques

Ces chiffres rassurants ne doivent néanmoins pas éclipser des données plus inquiétantes. Ainsi, si en 2014, 21,9 % des usagers de cette substance étaient considérés comme à risque élevé « d’usage problématique », cette proportion est désormais de 24,9 %. 

Au total, à 17 ans, 7,4 % des adolescents souffriraient d’une utilisation problématique du cannabis soit environ 60 000 jeunes de cet âge.

Les autres drogues ne séduisent toujours pas

En 2017, 6,8 % des adolescents de 17 ans déclarent avoir consommé au moins une fois au cours de leur vie une substance illicite* autre que le cannabis. Ce chiffre est lui aussi en recul, de 2 points par rapport à 2014 (8,8 %). Les niveaux d’expérimentation de ces substances demeurent faibles et se maintiennent entre 3 et 4 % pour les plus élevés (3,4 % pour la MDMA/ecstasy) et moins de 1 % pour les plus faibles (0,6 % pour le crack). 

Inquiétudes autour du purple drank

Les auteurs constatent néanmoins que « si les niveaux d’expérimentation des produits à inhaler restent circonscrits (3,1 %), ils sont nettement plus importants pour les poppers ou le purple drank*** ». En effet, leurs usages au cours de la vie concernent, à 17 ans, près de un adolescent sur dix et la moitié des expérimentateurs disent en avoir pris plusieurs fois. 

Bien qu’ils reconnaissent les difficultés existant pour déterminer parfaitement les raisons de ces reculs, les auteurs avancent trois grandes pistes d’explication. 

Premièrement, les pratiques addictives se seraient déplacées vers d’autres outils, notamment les écrans, et le temps passé devant eux diminuerait d’autant les possibilités d’être confronté à des substances psychoactives. D’autre part, il est noté une dégradation notable de l’image du tabac et dans une moindre mesure de l’alcool. Enfin, la loi HPST, votée en 2009 qui a étendu à tous les mineurs l’interdiction de vente d’alcool a pu jouer un rôle. On pourrait aussi s’intéresser à la valeur de l’exemple : les consommations problématiques de ces différents produits ont également diminué chez les parents.  

Comme auraient pu dire des jeunes d’une autre époque : « ce n’est qu’un début, continuons le combat »…

*définie comme une consommation d’au moins 5 verres en une seule occasion
** Ces substances illicites regroupent les champignons hallucinogènes, différents stimulants (MDMA/ ecstasy, cocaïne, amphétamines, crack…), le LSD et l’héroïne
*** mélange de soda de codéine et d’antihistaminiques


 

source © http://www.jim.fr

  
 
 

  02/01/2018 : 9 BULLSHITS SUR LES VACCINS [MYTHOBUSTER]


https://www.youtube.com/watch?v=TbYjyoIkb2U

  20/12/2017 : Les pros vaccins contre-attaquent


 

L’annonce par le gouvernement de sa volonté de rendre obligatoires onze vaccinations chez l’enfant, vaccinations dont la réalisation conditionnera l’inscription à l’école, a suscité des réactions outrées et outrancières des groupes anti vaccinations. Déjà très actifs sur la toile, ces réseaux ont fourbi leurs armes ces dernières semaines, multipliant les interventions. La très remarquée sortie du professeur Luc Montagnier, vivement regrettée par ses pairs, aura constitué le point d’orgue de leur opération destinée à jeter le trouble et la confusion dans les esprits. 

Des vaccins très efficaces

Face à cette entreprise de mystification délétère, la riposte s’organise. L’INSERM vient ainsi d’établir une mise au point détaillée, destinée à résumer les données scientifiques concernant les onze vaccins qui deviendront obligatoires à partir de l’année prochaine.  Cette note se présente clairement comme une réponse au « débat d’opinion, souvent mal informé, alimenté par les arguments catastrophiques des lobbys anti-vaccins » qui a tenu la première place médiatique ces derniers mois. D’abord, l’INSERM rappelle que tous les vaccins ciblés par la décision du gouvernement présentent une efficacité égale ou supérieure à 90 %, à l’exception de la coqueluche dont l’efficacité est évaluée entre 85 et 90 %. 

Adjuvants aluminiques : 90 ans de recul

L’INSERM se montre plus prolixe en ce qui concerne les effets indésirables. L’Institut rappelle tout d’abord que ces effets « sont généralement mineurs et de courte durée ». Les réactions allergiques qui peuvent être plus graves demeurent « extrêmement rares » (1 cas sur 450 000). Puis, l’INSERM revient sur l’ensemble des allégations concernant les vaccins pour les écarter une à une. Il signale ainsi qu’il est « avéré que l’étude suggérant un lien entre vaccination ROR et autisme était une fraude scientifique » et relève que de « nombreuses études (…) ont infirmé le lien suspecté entre la vaccination contre le virus de l’hépatite B et des effets indésirables graves ». 

A propos des adjuvants aluminiques, l’INSERM invite à se souvenir que l’on dispose aujourd’hui d’un recul d’utilisation de 90 ans et remarque que les rares travaux suggérant un risque de développer une myofasciite à macrophages sont isolés et non parfaitement étayées. 

L’Institut évacue de la même manière les craintes concernant un potentiel « épuisement du système immunitaire » lié au caractère combiné des vaccins : cette thèse « ne repose sur aucune base scientifique » assène la mise au point. Au passage, l’INSERM rappelle que les données sont parfaitement rassurantes quant à l’efficacité comparable de la vaccination combinée et dissociée. 

L’obligation ne suffit pas

Outre ce passage en revue des effets indésirables supposés, l’INSERM se penche sur la pertinence de l’obligation. A cet égard, il ne peut que rappeler qu’il existe une « justification individuelle » et « collective » de la vaccination. Il avance également, telle une confirmation négative de l’impact de l’obligation, que les Français sont 55 % à affirmer qu’ils ne vaccineraient pas leurs enfants contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite si l’obligation était levée. Néanmoins, l’Institut ne peut taire les incertitudes qui existent quant à la « corrélation stricte entre obligation et augmentation de la couverture vaccinale ». Ces limites signalent l’existence « d’autres facteurs (…), tels que la capacité des systèmes de santé à atteindre tous les enfants : par exemple, la gratuité et la facilité d’accéder à l’acte vaccinal ». D’une manière générale, l’INSERM qui ne masque pas sa probable adhésion au principe de l’obligation vaccinale insiste sur le fait qu’elle doit s’accompagner de « plusieurs autres actions ». Il s’agit d’une plus grande implication de l’école, de la formation des professionnels, du développement de la recherche, mais aussi de campagnes de sensibilisation, dont cette mise au point de l’INSERM pourrait constituer un premier modèle. 

Prix Nobel contre Prix Nobel

Soulignons que cette initiative de l’INSERM précède ce vendredi une conférence de presse organisée par l’Université Paris Descartes, intitulée sans ambages : « Les vaccins : une chance pour nos enfants ». En présence de Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de Médecine (prix qu’elle a partagé avec un certain Luc Montagnier !) et des professeurs au Collège de France Alain Fisher et Philippe Sansonetti, cette rencontre fera elle aussi le point sur les « nombreuses contre-vérités scientifiques » qui « circulent, mettant en exergue la prétendue dangerosité des vaccins ». Un point concernera notamment le prétendu lien entre mort subite du nourrisson et vaccination. 

 

source jim.fr