12/09/2020 : Pour que la peur ne devienne pas l'arme de la division et de la mort


Paris, le samedi 12 septembre 2020 - Longtemps étudiants, psychologues et même philosophes se sont appesantis pour déterminer si la peur est d’abord un moteur, forçant les hommes à se dépasser, ou au contraire un obstacle qui mine nos ambitions. Intimement chacun d’entre nous s’est déjà interrogé pour déterminer comment nos peurs ont fasciné nos existences et dessiné leurs trajectoires singulières. La peur des virus et des épidémies a été présente tout au long de l’histoire de nos civilisations, conduisant nos dirigeants à composer avec elle et contre elle pour protéger les populations.
 
Mais là encore, comment la peur doit-elle armer les décisionnaires : doivent-ils la mépriser, l’apprivoiser ou se laisser guider par elle ? Pour certains, face à l’épidémie de Covid-19, les dirigeants français ont laissé la crainte prendre le pas sur toute autre considération, empêchant l’analyse pondérée et rationnelle. Ainsi, dans une tribune publiée hier dans Le Parisien, trente-cinq scientifiques, universitaires et professionnels de santé, emmenés par le professeur Jean-François Toussaint (directeur de l’IRMES) et le chercheur en sociologie Laurent Mucchielli (CNRS) lancent un appel afin d’en finir avec une politique gouvernée par la peur. « Nous appelons les autorités politiques et sanitaires françaises à cesser d'insuffler la peur à travers une communication anxiogène qui exagère systématiquement les dangers sans en expliquer les causes et les mécanismes » débutent-ils.
 
Ce changement de cap s’impose face notamment à la réalité épidémique : « Nous ne sommes pas en guerre mais confrontés à une épidémie qui a causé 30 décès le 9 septembre, contre 1438 le 14 avril. La situation n'est donc plus du tout la même qu'il y a 5 mois » insistent-ils. Mais il doit également être guidé par la fidélité à des valeurs qui ne peuvent que supplanter l’inquiétude suscitée par la contamination. « Les impératifs de protection contre la contagion ne doivent pas conduire à trahir l'éthique médicale et les principes humanistes fondamentaux. Isoler les malades et protéger les personnes à risque ne veut pas dire les priver de tous droits et de toute vie sociale. Trop de personnes âgées sont décédées et se dégradent encore actuellement dans un abandon motivé par des motifs sanitaires non justifiés. Trop de familles souffrent de ne pouvoir leur apporter l'affection indispensable à leur bonheur et à leur santé » martèlent les auteurs.

Quand l’infantilisation prend le pas sur la pédagogie et la responsabilisation

Si cette stratégie décisionnaire qui semble dictée par l’inquiétude est rejetée par ces personnalités (et par d’autres) c’est d’abord parce qu’elle se traduit par l’infantilisation et l’autoritarisme, au détriment de la confiance et de la pédagogie. Sans doute, infantilisation et autoritarisme sont facilitées quand des fondements scientifiques rationnels peuvent être invoqués. Or ces derniers font parfois défauts : « de même que l'imposition du port du masque dans la rue, y compris dans les régions où le virus ne circule pas, l'efficacité du confinement n'est pas démontrée scientifiquement » rappellent les auteurs. Or, le défaut de preuve scientifique contraint le recours à l’infantilisation. Mais au-delà, la peur des décideurs rejaillit sur les populations, qui acceptent dès lors la protection toute puissante, sans plus vouloir discuter le caractère potentiellement illogique de certains ordres. « La peur du Covid-19 nous ravale au rang de mineurs placés sous la tutelle de l’État », résume le journaliste et essayiste Thierry Wolton dans le Figaro. « Ces réactions d’ordre partent d’une bonne intention, n’en doutons pas, dans l’espoir de juguler la pandémie. Il n’empêche, l’infantilisation - obéir et se taire - à laquelle tous ceux qui ont une once de pouvoir réduisent le reste des citoyens peut irriter à la longue » développe-t-il. « Tout cela n’est pas sans danger pour la santé démocratique de ce pays quand tant de questions se posent qui mériteraient débat: volatilité putative du virus dans l’air ; efficacité d’un masque sans cesse tripoté pour l’ajuster, mis et retiré avec des mains pas toujours propres ; rapport entre le regain annoncé de la pandémie et l’usage - enfin - des tests de détection ; la question de l’immunité naturelle sans doute plus importante que celle initialement annoncée par ignorance ; la mutation du virus, devenu semble-t-il moins virulent ; la pyramide des risques qui s’est inversée en fonction des âges, des plus âgés aux jeunes. Tout cela est évoqué bien sûr, mais on s’en remet à chaque fois à la « sagesse » de ceux qui savent et décident, sans discussion, selon le processus d’infantilisation imposé dès le départ. La majorité de la population accepte ce sort si l’on en croit les sondages, en raison sans doute d’une peur légitime de la contamination. Il n’empêche, il y a dans ce conformisme volontaire, comme on parle de servitude volontaire, quelque chose d’inquiétant pour la respiration démocratique de ce pays » poursuit-il encore. De leurs côtés, les auteurs de la tribune publiée dans le Parisien insistent : « Il ne faut pas confondre la responsabilisation éclairée avec la culpabilisation moralisatrice, ni l'éducation citoyenne avec l'infantilisation ».

La peur, ciment de la division

L’évocation des risques que fait peser sur la démocratie la voie jusqu’alors choisie par les décideurs face à l’épidémie n’est pour la plupart des observateurs nullement un procès d’intention vis-à-vis de nos gouvernants. Elle est bien plus certainement une mise en garde. En effet, la place accordée à la peur, la reconnaissance que celle-ci peut légitimement guider l’action publique, d’une part alimente les thèses complotistes (défendues par ceux qui ne veulent croire que seule la crainte est en cause dans les dérèglements constatés) et d’autre part favorise les extrémismes. « La majorité de nos concitoyens ne fait plus confiance aux discours officiels, les complotismes en tous genres foisonnent sur les réseaux sociaux et les extrémismes en profitent » écrivent Jean-François Toussaint et ses confrères.

De son côté, dans un texte publié sur le site The Conversation, la sociologue Elsa Gisquet (centre de Sociologie des Organisations [CSO], Sciences Po) analyse bien comment les discours et politiques anxiogènes qui ont déferlé sur la France encouragent le rejet de l’autre et la division. « L’obligation du port du masque, outre les contrôles de police, aurait en effet le pouvoir dissuasif de renoncer à s’aventurer en dehors des territoires familiers. Dans le sillage de cette France qui s’est vue divisée, morcelée pendant le déconfinement, le rejet de l’autre parait presque décomplexé. S’il est impossible de désinfecter ces corps et leurs miasmes qui se propageraient, semble-t-il, par voie aérienne, il convient de les masquer, mais aussi de les tenir à distance. C’est alors son propre espace territorial sanitaire, puis par extension et confusion, son propre espace social que l’on protège » relève-t-elle. Notant comment par exemple s’est imposé un discours tendant à dénoncer les comportements des jeunes, elle conclut : « Des frontières sanitaires, sociales, mais aussi communautaires s’érigent localement sur le territoire national. Il convient de s’interroger sur cet amalgame idéologique entre catégories à risque du point de vue sanitaire et classes dangereuses, sans quoi ces mesures discrétionnaires pourraient être le prélude à une normalisation du rejet de l’autre ». « Aujourd'hui comme hier, cette crise doit nous unir et nous responsabiliser, pas nous diviser ni nous soumettre » implorent les auteurs de la tribune du Parisien.

L’impudence de seulement aimer la vie

Les fragmentations de la société française qu’encouragerait la crise sanitaire, démocratique et philosophie actuelle rappellent aux philosophes André Comte-Sponville ou Bernard Henri-Levy d’autres séparations, ancestrales, entre ceux qui chérissent la vie et ceux qui ont peur de la mort, voire entre ceux qui aiment la vie et ceux qui sont fascinés par la mort. « Nous avons une médecine qui, en un mot, quand elle fait son métier qui n’est pas d’aller se chamailler sur les plateaux télé mais de soigner, a bien assez de ressource, en Europe, pour traiter un mal où quelques-uns mourront sans aller dire à tous: "Vous n’avez pas honte d’être insouciants? Pas honte d’être, à votre insu, les acteurs tragiques du destin? Ne vous sentez-vous pas coupables d’être, à votre corps défendant, les agents de la mort en ce monde?" Car c’est peut-être de cela, à la fin des fins, qu’il s’agit. Il y a une lutte séculaire, en Occident, entre les amoureux de la vie et les amoureux de la mort. Il y a, au cœur de toutes les sagesses grecques, juives, chrétiennes, musulmanes ou athées, une ligne de partage qui sépare les biophobes des biophiles. Et il suffit de penser à notre XVIIesiècle, il suffit de relire les Messieurs de Port-Royal avec leur jansénisme si coupable, si culpabilisant, si pénitent, et il suffit de se rappeler, face à eux, les "libertinistes" joyeux, vivants et libres pour savoir que cette querelle divise, plus qu’aucune autre, l’esprit français. Eh bien, je vois Paris bâillonné par ce chiffon bleu aseptisé ; je pense à cette esthétique de bloc opératoire qui imprime partout son style ; j’entends, alors que l’épidémie semble sous contrôle et que nous sommes loin, grâce au ciel, des scènes infernales des débuts, avec leurs hôpitaux débordés, leurs soignants exténués et les vieillards abandonnés à leur malchance d’être vieux, les maîtres de l’Opinion rendre coupables les jeunes gens de n’être pas plus mal en point, les guéris de n’avoir pas rechuté et les citoyens infantilisés de se relâcher ; et je ne peux m’empêcher de penser que, derrière l’impatience des chiffres matraqués comme des mantras, il y a quelque chose de cette querelle qui est en train de se rejouer. Tapie derrière la peur et la panique, une pulsion de mort voudrait condamner les humains à une vie de zombies, gagnés par le sacrifice de cette ouverture confiante à l’autre qui est le fondement même de la socialité » conclut-il dans un texte récemment publié dans le Figaro.

Une fois encore, ces commentaires sur la crise que nous vivons, qui nous l’avons déjà souligné est loin d’être uniquement sanitaire, rappellent combien nous rejouons probablement des combats ancestraux, qu’ils soient politiques ou philosophiques. Cette récurrence ne doit pas empêcher le sursaut et probablement une certaine forme de réflexion que l’on alimentera en relisant :
 
La tribune de Jean-François Toussaint et de trente-cinq autre scientifiques, médecins et chercheurs : https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-nous-ne-voulons-plus-etre-gouvernes-par-la-peur-la-tribune-de-chercheurs-et-de-medecins-10-09-2020-8382387.php
Le texte d’Elsa Gisquet : https://theconversation.com/covid-19-quand-la-prevention-mene-au-rejet-de-lautre-145119
Celui de Thierry Wolton : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/la-peur-du-covid-19-nous-ravale-au-rangde-mineurs-places-sous-la-tutelle-de-l-etat-20200903
Et de Bernard-Henri Lévy : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/bernard-henri-levy-la-grande-peur-des-bien-portants-20200830

Aurélie Haroche

source © http://www.jim.fr

  29/08/2020 : COVID-19 : point sur la thérapeutique par Stephanie Lavaud ( Medscape)


COVID-19 : point sur la thérapeutique

Stéphanie Lavaud

 

6 août 2020

France – Six mois après le début de la pandémie, et moults débats, controverses – et même guerre des clans – autour des médicaments susceptibles d’être efficaces contre la Covid-19, quelles sont les thérapeutiques utilisées actuellement en ambulatoire et à l’hôpital aux différents stades de la pathologie, ou tout du moins reconnues officiellement ? Dans son avis du 27 juillet, le Conseil scientifique mis en place dans le contexte de la crise COVID-19 fait le point* [1].

 

Hydroxychloroquine, remdésivir, tocilizumab, oxygénothérapie…Quatre mois après le pic de la pandémie en France, malgré une intense recherche clinique et alors que la pandémie se poursuit dans le monde, « nous n’avons pas de médicament avec une activité virale directe ayant fait la preuve scientifique de son efficacité » considère le Conseil scientifique, un point « particulièrement important dans l’hypothèse d’une deuxième vague pour organiser au mieux la prise en charge des populations ayant une forme sévère et réduire ainsi la durée d’occupation des lits en réanimation et la mortalité globale » ajoute-t-il.

 

*A noter que les membres du Conseil scientifique ayant des liens d’intérêts avec les industries pharmaceutiques ont été mis en débord.

Quid de la prise en charge des formes bénignes ?

Que propose-t-on aux patients qui souffrent d'une maladie bénigne (plus 95% des patients atteints de COVID-19) et ne justifient pas de soins à l’hôpital ? Aujourd’hui, le standard international repose sur « une prise en charge symptomatique, une information précise sur les signes devant amener à consulter en urgence et un suivi médical afin de détecter des symptômes qui nécessiteraient une hospitalisation ».

 
 

Pour certains patients cependant, notamment ceux à haut risque de forme sévère (âge avancé, maladies chroniques sévères comme insuffisance rénale chronique sévère, insuffisance respiratoire chronique, insuffisance cardiaque, etc.), « une hospitalisation se discute au cas par cas pour surveillance rapprochée ».

Selon le Pr Jean-François Delfraissy et ses collègues : en dépit d’essais cliniques testant des traitements visant à éviter l’aggravation, « aucune molécule n’a montré la moindre preuve d’efficacité à ce stade », il s’agit en effet de patients « pour lesquels le bénéfice attendu d’un traitement est faible (évolution spontanément favorable dans > 95% des cas) ».

Quid des formes sévères ?

Les formes sévères (moins de 5% des patients infectés par le virus SARS-CoV-2) bénéficient, elles, d’une prise en charge hospitalière en service conventionnel. Ces patients nécessitent un support en oxygène et parfois un support ventilatoire.

 

Fait important, comme plusieurs études, notamment françaises, l’ont montré : il semble aujourd’hui important « de retarder au maximum l’utilisation de la ventilation mécanique invasive (intubation) chez ces patients ». En revanche, la surveillance doit être rapprochée afin d’adapter le support en oxygène et ventilatoire aux besoins qui, comme en ont témoigné les hospitaliers, peuvent évoluer très rapidement.

 

Parmi les éléments qui ont montré scientifiquement une efficacité dans la prise en charge de ces patients, le Conseil scientifique cite :

 

- L’utilisation de corticoïdes (dexaméthasone), traitement anti-inflammatoire qui permet de diminuer la mortalité chez les patients nécessitant un support en oxygène selon l’essai clinique randomisé contrôlé Recovery , et dont l’intérêt semble faire l’unamité.

 

- L’utilisation de tocilizumab (traitement anti récepteur de l’interleukine-6) « qui semblerait efficace chez les patients nécessitant plus de 3 litres/minute d’oxygène dans l’essai français CORIMUNO en cours de publication même si ces résultats doivent être confirmés par des études de plus grande taille. La place exacte de ce traitement et son association ou non avec les corticoïdes reste à déterminer » écrit le Conseil scientifique. La molécule avait suscité un emballement médiatique, suite à la publication prématurée des résultats de plusieurs études françaises, et à une publication annoncée comme imminente, mais toujours attendue à ce jour.

 

- Une anticoagulation par héparine qui permet de diminuer le risque de thrombose et d’embolie (standard de soins pour les maladies inflammatoires sévères similaires). Celle-ci semble admise par tous.

 

En ce qui concerne le traitement antiviral :

 

- Remdesivir : « il semble accélérer le temps de récupération mais il n’a à ce jour pas montré d’impact sur mortalité chez les patients traités par rapport aux patients non traités par remdesivir (essai randomisé contrôlé avec 1063 patients). Ce traitement est toujours en évaluation dans des essais cliniques malgré une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) conditionnelle de l’European Medicines Agency (EMA) (essai Solidarity/Discovery) » indique le comité d’experts. Signalons l’existence attestée par plusieurs équipes d’effets indésirables hépatiques et rénaux qui incite à la prudence.

 

Quid des formes critiques ?

La prise en charge en réanimation des patients présentant des formes critiques de la maladie (environ 15 à 25% des patients COVID-19 hospitalisés) nécessite le recours à une ventilation mécanique invasive (intubation), voire à une oxygénation extra-corporelle dans les formes les plus sévères.

 

« La gestion du mode de ventilation et des différentes techniques associées est particulièrement importante chez ces patients ».

 

Parmi les éléments essentiels de la prise en charge de ces patients extrêmement sévères, le Conseil signale :

 

- L’utilisation des corticoïdes (dexaméthasone) qui avait déjà été encouragée par un essai clinique randomisé dans les pneumopathies très sévères (hors COVID publié en février 2020) montrant une diminution de la durée d’intubation et de la mortalité. Ceci a été confirmé pour les pneumopathies sévères COVID-19 dans l’essai Recovery.

 

- Une anticoagulation par héparine qui permet de diminuer le risque de thrombose et d’embolie (standard de soins pour les maladies inflammatoires sévères similaires).

 

- Le traitement antiviral par remdesivir est toujours en évaluation dans cette population dans les essais clinique malgré une AMM conditionnel de l’EMA (essai Solidarity/Discovery) (voir plus haut).

 

Quels traitements sont actuellement écartés ?

Pour le Conseil scientifique, si « la recherche clinique a permis d’apporter des réponses thérapeutiques à différents stades de la maladie, elle a également permis d’écarter un certain nombre de molécules », dont l’hydroxychloroquine.

 

- Hydroxychloroquine : « Après les observations initiales de cohortes non randomisées suggérant une efficacité de l’hydroxychloroquine, seule ou en association, l’immense majorité des essais randomisés réalisés en France, eu Europe, aux Etats-Unis, au Brésil ou dans l’essai OMS, n’a pas retrouvé cet effet » écrit le Conseil scientifique. En prophylaxie (après exposition à risque au SARS-CoV-2), un essai randomisé contrôlé réalisé au Canada et aux États-Unis chez 821 patients n’a trouvé aucun effet de l’hydroxychloroquine. Par ailleurs, les auteurs ont noté des effets indésirables plus importants chez les patients ayant reçu avec l’hydroxychloroquine que chez ceux recevant un placebo (40% chez les patients recevant ce traitement contre 17% pour les patients recevant le placebo). Notons que cet essai qui n’avait pas manqué d’être critiqué sur le plan méthodologique.

 

« Un autre essai randomisé contrôlé réalisé à Barcelone semble aller dans le même sens : il n’a trouvé aucun effet de l’hydroxychloroquine en prévention sur un total de plus de 2 300 patients (résultats communiqués par voie de presse, en attente de publication) », écrit le comité d’experts. Chez des patients hospitalisés, avec des formes modérées, un essai randomisé réalisé au Brésil et récemment publié dans le NEJM n’a montré aucun effet de l’hydroxychloroquine ou de l’hydroxychloroquine + azithromycine. Chez des patients hospitalisés, avec des formes sévères ou critiques de la maladie, 3 essais randomisés contrôlés de grande taille ont communiqué des résultats ne montrant aucune efficacité de l’hydroxychloroquine : ce sont les essais DisCoVeRy en France, Solidarity (essai international de l’OMS) et Recovery au Royaume-Uni, ajoute-t-il. Néanmoins, à ce jour, aucun de ces trois essais n’a été publié dans sa totalité.

 

- Lopinavir/ritonavir : Chez des patients hospitalisés avec une forme sévère ou critique de la maladie, 4 essais randomisés contrôlés n’ont pas retrouvé d’efficacité de l’administration lopinavir/ritonavir : l’essai DisCoVeRy en France qui a arrêté ce bras thérapeutique, l’essai Solidarity de l’OMS, l’essai Recovery du Royaume-Uni et un essai conduit en Chine. L’essai DisCoVeRy en France a par ailleurs permis de montrer un signal de toxicité avec des insuffisances rénales aiguës qui seraient plus fréquentes chez les patients traités par lopinavir/ritonavir que dans le groupe standard de soins.

 

-Sarilumab : Cette molécule anti-inflammatoire qui bloque l’action des récepteurs de l’interleukine 6 a été évaluée dans un essai clinique industriel (Sanofi/Regeneron) aux États-Unis. Dans un communiqué de presse, les firmes ont annoncé l’arrêt de l’essai du fait de l’absence d’efficacité du médicament retrouvée et d’effets indésirables sévères plus fréquents chez les patients traités par sarilumab.

 

Le Conseil scientifique apporte deux précisions à ce chapitre sur la thérapeutique.

  1. Il précise « qu’on manque de données sur la tolérance et l’efficacité (ou la non efficacité) des traitements déjà cités, utilisés de façon prophylactique/préventive sur des sujets et population à risque » et que plusieurs essais sont en cours.

  2. En prévision d’une éventuelle seconde vague, il recommande fortement aux équipes de recherche clinique et translationnelle d’anticiper de futurs essais thérapeutiques en mettant en place « le plus tôt possible les protocoles thérapeutiques avec de nouvelles molécules et éventuellement des associations de molécules avec un petit nombre d’essais thérapeutiques stratégiques pour les formes modérées ambulatoires mais aussi sévères et graves » précise le Conseil. « Préparés et discutés en septembre, ils seront opérationnels en novembre », date qui semble prévaloir pour une potentielle reprise intensive de l’épidémie.

 

 

 
 

Références

  1. Avis n°8 du Conseil scientifique COVID-19. Se préparer maintenant pour anticiper un retour du virus à l’automne. 27 juillet 2020

 

  20/05/2020 : Tests sérologiques de diagnostic rapide : des difficultés d?interprétation


France— Alors que la liste des tests sérologiques Covid-19 qui seront certifiés par le Centre National de Référence (CNR) se fait toujours attendre, la Haute autorité de santé (HAS) a communiqué son avis sur les tests sérologiques de diagnostic rapide [1]. Un avis qui sera actualisé dès que de nouvelles connaissances scientifiques seront disponibles.

La HAS avait déjà dévoilé les indications des tests sérologiques ELISA (nécessitant une prise de sang et une analyse avec un plateau technique complexe en laboratoire) il y a une dizaine de jours .

Cette fois, elle s’est penchée sur les tests de diagnostic rapide qui auront la même fiabilité (sensibilité minimale 90 à 95%, spécificité minimal 98%) mais qui délivrent des résultats en 5 à 15 minutes à partir d’une simple dextro. Ces tests qui reposent sur le même principe – la recherche dans le sang d’anticorps dirigés contre le virus –n’ont pas tous les mêmes caractéristiques et usages. Ils vont être utilisés de trois manières :

-TDR : tests de diagnostic rapide en laboratoire ;

-TROD : tests réalisés par des professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers…) ou des associations ;

-Les autotests, réalisés et analysés par les patients.

Les premiers, les TDR seront indiqués dans les mêmes situations que les tests ELISA : en diagnostic de rattrapage de patients symptomatiques, en cas de test virologique négatif mais de symptômes évocateurs de Covid-19, et auprès des personnels soignants ou d’établissements d’hébergement collectif qui ont été en contact avec le virus et pour les enquêtes épidémiologiques .

Les seconds, les TROD, seront utilisés à visée d’orientation diagnostique. Les résultats, lorsqu’ils seront positifs, devront donc être confirmés par un test TDR ou ELISA en laboratoire. La HAS recommande leur utilisation dans un champ plus restreint que les TDR et tests automatisables (ELISA) : pour les personnels soignants et d’hébergement collectif et pour les patients symptomatiques sans signes de gravité s’ils présentent des difficultés d’accès à un laboratoire de biologie médicale, mais pas à l’hôpital.

Les troisièmes, les autotests ne sont pas recommandés pour le moment.

Des tests difficiles à interpréter

Pourquoi ces indications restreintes pour les TROD et cette absence d’indication pour les autotests ? En raison des difficultés d’interprétation ont expliqué le Pr Dominique Le Guludec (Présidente de la HAS) et Cédric Carbonneil (Chef du Service d'Evaluation des Actes Professionnel, HAS) lors de la conférence de presse de présentation de l’avis de la HAS.

« L’interprétation n’est pas aussi simple que la lecture d’un test de grossesse contrairement à ce qui a été dit et il existe à ce jour très peu de données scientifiques sur les performances des autotests pour le diagnostic du COVID-19 en vie réelle », a expliqué le Pr Carbonneil.

C’est d’ailleurs pourquoi, un guide d’utilisation et d’interprétation à destination des professionnels de santé sera publié par la HAS prochainement.

Interrogé par Medscape édition française, Cédric Carbonneil a précisé les problématiques d’interprétation des tests.

L’interprétation n’est pas aussi simple que la lecture d’un test de grossesse contrairement à ce qui a été dit  Cédric Carbonneil

« Les tests ont leur phase de validité. Certains tests sont performants dès J7, d’autres le seront dès J14 (en fonction de la détection des IgG et IgM). Il y a aussi un problème de fenêtre de lecture. Le résultat doit être lu dans un temps limité sous réserve de résultats faussement positifs. Ensuite, en plus de la bande contrôle qui est toujours visible, il y a une bande pour les IgM et une bande pour les IgG et en fonction des différents profils, il pourra y avoir différentes significations suivant la période de l’infection dans laquelle la personne se situe. Sachant qu’entre ces deux bandes, il pourra y avoir des différences de performance et de visibilité. Il n’est jamais facile de pouvoir objectiver de manière visuelle ce type de dispositifs. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons demandé de pouvoir recourir le plus possible à des lecteurs automatisés qui permettent de fiabiliser la lecture mais qui ne permettront pas de résoudre la complexité de l’interprétation à ce stade », a-t-il précisé.

Quelle utilité des tests sérologiques à ce jour ?

Pour revenir à la place des tests sérologiques, la HAS a tenu à rappeler qu’aujourd’hui, « quel que soit le test sérologique, il subsiste pour l’instant une incertitude : la présence d’anticorps garantit-elle une protection, une immunité, contre le virus (et si c’est le cas, sous quelles conditions et pour combien de temps) ? Le recul ne permet pas à ce jour de l’affirmer avec certitude. C’est pourquoi, dans l’état actuel des connaissances, ces tests n’ont pas encore de place dans l'identification des personnes protégées contre le virus. En revanche, en identifiant les personnes qui sont ou ont été contaminées par le virus, les tests sérologiques sont utiles d’une part dans la surveillance épidémiologique de la maladie ; et d’autre part dans la stratégie diagnostique, en complément du test virologique (par RT-PCR) qui reste le test de première intention pour le diagnostic de la phase aiguë du COVID-19 (voir avis HAS publié le 2 mai dernier) ».

Concernant les TDR et les TROD plus particulièrement, la HAS précise qu’« en plus de constituer des outils précieux pour réaliser les études épidémiologiques, les TDR et TROD pourraient compléter l’offre diagnostique par tests sérologiques automatisables, dans les mêmes indications et là aussi sur prescription médicale. En effet, grâce à leur plus grande rapidité d’utilisation et le peu de matériel requis pour les réaliser, ils seraient accessibles sur tout le territoire, y compris au sein des villes disposant uniquement d’un laboratoire de biologie médicale de proximité, sans plateau technique lourd ».

Les TDR et TROD pourraient compléter l’offre diagnostique par tests sérologiques automatisables  HAS
 
source MEDSCAPE

  12/05/2020 : Pour SPF, le port du masque ne doit pas faire négliger les autres gestes barrières


Paris, le mardi 12 mai 2020 – Les contre-vérités sur les masques, les dissimulations concernant l’état du stock national, les atermoiements multiples des pouvoirs publics demeureront comme le symbole des erreurs et même des fautes du gouvernement dans sa gestion de l’épidémie actuelle. Cependant, s’il est impossible de dénier que la communication du gouvernement, clamant l’inutilité des masques ou fustigeant leur recours par la population, a été très certainement inspirée par la situation de pénurie et par l’impréparation qu’il tentait de continuer à cacher aux Français, il convient également de rappeler que les données scientifiques (contrairement aux données empiriques) sur les masques demeurent marquées par l’incertitude.

Que certains membres du gouvernement aient vu dans ces résultats contradictoires et peu significatifs une aubaine pour nourrir leur discours ou que quelques autres aient sincèrement voulu exposer la complexité de l’état des lieux scientifiques, ces limites existent.

Exercice subtil, voire dangereux

Elles sont rappelées (certains y liront un certain courage d’autres au contraire un manque de lucidité face à la nécessité d’un message clair et univoque dans la période actuelle) par une synthèse publiée la semaine dernière par Santé Publique France. La rédaction de ce texte est un exercice très subtil et on le sent très délicat pour à la fois signaler les limites des données scientifiques et en même temps éviter que cette présentation ne puisse à aucun moment être interprétée comme un message voulant minimiser l’intérêt potentiel du masque et surtout décourager les bonnes volontés.

Une habitude adoptée

Aujourd’hui, le port du masque est de plus en plus largement adopté par la population générale comme en témoigne une enquête menée par BVA pour SPF : « la proportion de personnes en France qui portent un masque dans l’espace public est passée de 25 % à 58 % entre le 23-25 mars et le 20-22 avril. La proportion de Français qui en portent systématiquement est passée de 15 % le 30 mars-1 er avril à 28 % le 20-22 avril ». Cette évolution apparaît comme un enseignement encourageant sur la prise de conscience des Français non seulement des risques liés à l’épidémie mais également d’une action et d’une responsabilisation possibles.

Pour éviter un recul, un relâchement, fallait-il se risquer à un louable exercice de transparence ? SPF, optimiste, a semblé considérer que la responsabilisation et la prise de conscience ne seraient pas affaiblies (et pouvaient même être renforcées parce qu’éclairées ?) par une information objective. Ainsi, dans cette synthèse, dont elle rappelle qu’elle a été établie rapidement et qu’elle peut être soumise à des évolutions liées à la publication de nouvelles données, l’agence relève que « Le port systématique de masques dans l’espace public pour réduire la transmission du virus SARSCoV-2 est discuté. Des études montrent une réduction modérée cependant non significative des infections respiratoires par le port de masque en communauté ». Plus loin elle détaille : « Une revue de la littérature récente de Brainard et coll. qui a porté sur des études observationnelles et interventionnelles, montre un effet modéré mais non significatif du port de masque en communauté sur la réduction des infections respiratoires. Cependant les auteurs concluent "qu’il n’y a pas assez d’évidence pour recommander un usage généralisé des masques comme mesure de protection contre le COVID-19". La revue de littérature de Jefferson et col. [16], mise à jour d’une revue Cochrane d’études menées durant l’épidémie de SRAS en 2003, qui porte uniquement sur des essais randomisés évaluant le port du masque seul, a montré l’absence de réduction significative des infections respiratoires (syndromes grippaux ou infections respiratoires confirmées par le laboratoire). Les auteurs ont conclu à l’absence de résultats en faveur du port du masque seul, sans autres mesures barrières. Cependant, dans leur discussion, les auteurs rappellent que les résultats d’études cas-témoins réalisées pendant l’épidémie de SRAS 2003 montraient un effet protecteur du port du masque chirurgical et des mesures d’hygiène, en comparaison à l’absence de port de masques. En revanche, les preuves manquent pour montrer l’intérêt de l’utilisation de masques chirurgicaux pour la protection des personnes potentiellement exposées dans l’espace public. L’absence d’estimation de l’efficacité épidémiologique de l’utilisation du masque en communauté rend très délicate l’interprétation des modèles mathématiques ayant intégré ce paramètre dans leur évaluation ».

La bonne utilisation, la généralisation et le respect des autres mesures barrières : des réflexes sans doute déterminants

En dépit de ces limites, qui existent plus encore concernant les masques alternatifs, Santé Publique France insiste : « Cependant, compte tenu du rôle possible des infections présymptomatiques ou asymptomatiques dans la transmission du SARS-CoV-2, le port systématique d’un masque dans les espaces publics pourrait contribuer à réduire la transmission dans la communauté. Quelques données de la littérature indiquent que les masques « alternatifs », à condition de répondre aux consignes de fabrication et de matériel utilisé et de respecter les mesures barrières, peuvent aider à réduire la transmission dans la population ». Dans sa « discussion », l’agence note encore qu’une efficacité accrue pourrait être liée à une plus forte généralisation et repose également sur une bonne utilisation des dispositifs. « Certains experts (…) recommandent un large usage populationnel du masque, comme cela a été fait à Hong Kong et en Corée du Sud, pays qui n’ont pas eu recours au confinement généralisé, même s’ils admettent qu’il n’est pas possible de connaître la contribution de cette mesure dans la réduction de la transmission. Ils indiquent que cette mesure pourrait relever du paradoxe de la prévention, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une mesure qui a un bénéfice collectif si elle est appliquée largement alors que la mesure ne profite que peu à chaque (…). Les études sur le terrain montrent que la compliance et la bonne utilisation sont des facteurs déterminants de l’efficacité des masques » relève ainsi l’agence. Surtout, SPF rappelle que pour optimiser l’efficacité du port du masque, il doit impérativement demeurer associé aux autres mesures barrières : distanciation sociale et lavage des mains.

Ainsi, fidèle à sa politique, Santé Publique France a fait le choix d’exposer les faits scientifiques qui devraient guider le pouvoir mais refuse de répondre à la question de l’obligation généralisée, préconisée par de nombreuses instances, mais face à laquelle les décideurs hésitent et qui est d’abord un choix politique. 
 
 

Aurélie Haroche

source www.jim.fr

  12/05/2020 : Les masques de la colère


Quiconque aujourd'hui se risque à donner son avis sur l' « affaire des masques » et l'attitude de l'Ordre et des syndicats s'expose en cible découverte.

 
Cette sordide histoire a réussi à semer une discorde vraiment non nécessaire. Depuis le début de la crise du Covid, la profession est irréprochable, exemplaire.
Pourrait-on, en étant un peu paranoïaque, imaginer qu'un Tullius Detritus (cf « La zizanie » d'Asterix) se serait immiscé dans notre belle unisson, envoyé par César lui-même ?
 
Non, bien-sûr que non...
 
En revanche, que l'on soit en situation délicate doit en satisfaire plus d'un et on leur dit Bercy beaucoup !
 
Allez, un petit rappel pour ceux qui entre 2 coups de téléphone pour savoir s'ils ont des masques n'ont pas pu suivre :
Les masques chirurgicaux sont réservés aux soignants et aux patients Covid + ou très fragiles.
Les soignants n'en ont toujours pas assez et ceci depuis le début.
Voilà les postulats de départ.
Mi-mars : de nombreuses sociétés françaises dont l'activité est indispensable sonnent le signal d'alarme : « nous n'avons plus de masques pour équiper nos salariés, laissez-nous en importer sans les réquisitionner ». Un décret autorisant l'importation sans la réquisition de l'État est signé très rapidement. Il aurait dû être suivi d'un second interdisant la vente au public, mais voilà, Tullius Detritus a dû commencer son sale job à ce moment-là...
Notre ami Leclerc claironne à tue-tête que ses petits amis et lui vont vendre 400 millions de masques chirurgicaux. 400 millions. On en manque depuis des semaines. La profession se rebelle, des confrères demandent à avoir le droit d'en vendre aussi pour ne pas être pénalisés mais le Ministre de la Santé rappelle dans tous ses discours que les masques chirurgicaux sont pour les soignants que l'on applaudit tous les soirs.
Déjà à ce moment-là, deux clans distincts commençaient à émerger : les « je veux vendre des masques » et les « je ne veux pas vendre de masques ».
 
Mais on n'était pas encore au bout de la discorde...
 
Pour l'Ordre la question ne se posait tout simplement pas. Et si au sens strict du décret nous pouvions vendre des masques chirurgicaux, déontologiquement, moralement, cela nous était interdit. L'Ordre a fait le choix de la morale, le choix de l'effort de guerre, ou tout doit être mis en œuvre pour fournir ceux qui sont en première ligne. Doctrine souhaitée par notre ministre de tutelle et suivie par nos syndicats.
 
Et là se sont distingués 4 groupes !
Les « je veux vendre des masques et l'Ordre nous a trahis »
Les « je ne voulais pas vendre des masques mais je considère que l'Ordre nous a menti »
Les « je voulais vendre des masques mais je comprends que l'Ordre l'ait interdit » (si, si, ce groupe existe !)
Et les « je ne voulais pas vendre de masques et l'Ordre nous a protégés des appétits mercantiles de certains ».
 
Mon groupe ? Le dernier. Ok sur la forme notre présidente aurait dû dire que ce n'était pas interdit en droit mais interdit par le ministre de la santé ; c'eut peut-être été plus facile à entendre pour certains.
 
Souvenez-vous de la lettre des présidents des conseils ordinaux des médecins, pharmaciens, infirmiers, sage-femmes, pédicures podologues et masseurs kinésithérapeutes (le président des dentistes s'est désengagé ensuite), il y avait dans sa rédaction cette phrase terrible « toute guerre a ses profiteurs », les profiteurs étant les acteurs de la grande distribution.
 
L'Ordre a fait en sorte que nous ne soyons pas inclus dans ces profiteurs.
 
Je comprends chaque groupe. Ils ont tous raison d'une certaine façon. Mais moi j'aurais ENCORE plus mal dormi si l'on était passé pour des profiteurs après 2 mois de service irréprochable.
 
Et Tullius Detritus a échoué, soyez-en certains
 
Delphine Chadoutaud, pharmacien titulaire à Orsay (91) 
 
source celtipharm

  17/03/2020 : Alerte : rationnement du paracétamol à partir du 18 mars


Paris, le mardi 17 mars 2020 - Nous indiquions ce mardi 17 mars au matin que les laboratoires commercialisant des médicaments à base de paracétamol en France (Sanofi, UPSA) avaient constaté une hausse « significative » des demandes ces derniers jours. Ils écartaient cependant le risque de pénurie et indiquaient avoir mis en œuvre les mesures nécessaires pour assurer une augmentation de la production. Cependant, alertée par de nombreux pharmaciens, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a décidé d’organiser le rationnement de la vente de paracétamol à partir de demain. Ainsi « les pharmaciens pourront délivrer sans ordonnance 1 seule boite de paracétamol (500 mg ou 1g) par patient ne présentant aucun symptôme, ou 2 boites (500 mg ou 1g) en cas de symptômes (douleurs et/ou fièvre).  La vente sur Internet des médicaments à base de paracétamol, d’ibuprofène et d’aspirine est suspendue ». L’Agence rappelle par ailleurs que si le paracétamol est indiqué pour la prise en charge des douleurs et fièvre surtout dans un contexte d’infection et que les anti-inflammatoires doivent être évités, les risques de surdosage ne doivent pas être méconnus notamment chez les sujets à risque. Elle insiste encore sur « la nécessité de ne pas prescrire, ni délivrer, ni stocker inutilement les médicaments à base de paracétamol ». Cependant, les patients disposant d’une ordonnance pourront se faire délivrer la quantité prescrite par le praticien. 
 
                                                                                  source jim.fr

  31/01/2020 : 2019 n-CoV : l'OMS décrète l'état d'urgence sanitaire, un médecin atteint en France


Paris, le vendredi 31 janvier 2020 - L'Organisation mondiale de la santé (OMS), critiquée pour ses hésitations et soupçonnée d’être influencée par les injonctions de Pékin a finalement décidé, hier soir,  de déclarer l’épidémie d’infections à 2019 n-CoV « urgence de santé publique internationale ». Cette décision intervient alors que le bilan épidémiologique est désormais de 9776 cas dans le monde (9658 en Chine) et de 213 décès (tous en Chine). L’OMS a néanmoins assuré : « il ne s'agit pas d'un vote de défiance à l'égard de la Chine ».

« Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles », a expliqué le patron de l’institution sanitaire internationale pour justifier son choix après consultation de son Comité d’urgence.

Sixième cas en France : un médecin libéral, premier contaminé sur le territoire national

En France, un sixième cas d'infection a été annoncé : celui d'un médecin libéral contaminé dans l’hexagone.

Il s'agit du « premier cas » de contamination sur le sol français a précisé la Direction générale de la santé (DGS). Rappelons qu’outre la Chine, des cas de contagion directe entre humains ont été observés au Vietnam, en Allemagne, au Japon et aux États-Unis.

Le médecin a été hospitalisé « en isolement » à Paris et « son état n'inspire pas d'inquiétude » a précisé le Pr Salomon, patron de la DGS.

Des vacances un peu particulières

Par ailleurs, quelques 200 Français rapatriés de Wuhan arrivent en France en début d’après-midi et seront mis à l'isolement dans un centre de vacances de Carry-le-Rouet, une cité balnéaire proche de Marseille. Il s'agit de sujets qui ne présentent pas de symptômes. « Le cahier des charges était assez clair, [il fallait] un lieu agréable » et « un endroit où il y avait suffisamment de place » a expliqué le Pr Salomon. Selon lui, il n'était « pas question de mettre ces personnes dans des lieux de détention ou de soins alors qu'elles ne sont pas malades ».

Pendant leur période d'isolement, elles feront l'objet d'une surveillance médicale attentive pour s'assurer qu'elles ne sont pas contaminées par le virus : « on va leur demander de prendre leur température, d'avoir un masque ». Ce sont « des gens qui sont informés et qui ont parfaitement compris les enjeux de cette période particulière », a ajouté le Pr Salomon. Reste à savoir ce qu’il adviendra si un cas était identifié, une nouvelle période de quatorze jours d’isolement débuterait-elle alors ? Dans cette hypothèse, pas sur que tous les isolés acceptent de rester confinés pour une durée plus longue que prévue, d’autant que ce placement est susceptible de recours devant le tribunal administratif…

« Les gendarmes ont été positionnés pour éviter toute pénétration dans le site » a quant à elle fait savoir la préfecture.

Une révision de la définition des cas possibles

Dans le même temps, Santé publique France a annoncé une évolution de la définition des cas, peut-être inspirée par le défaut de repérage du cinquième patient qui avait pourtant prévenu le SAMU qu’il résidait habituellement dans la région de Wuhan.

Est désormais considérée comme cas possible «  toute personne présentant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë basse, quelle que soit sa gravité, avec une fièvre supérieure à 38,0°C et ayant voyagé ou séjourné dans la province de Hubei en Chine dans les 14 jours précédant la date de début des signes cliniques » mais également « toute personne présentant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë haute ou basse, quelle que soit sa gravité, dans les 14 jours suivant l’une des expositions suivantes : un contact étroit avec un cas confirmé d’infection (…)pendant que ce dernier était symptomatique ;  [ou avec une] personne co-exposée, définie comme ayant été soumise aux mêmes risques d’exposition qu’un cas confirmé ».

Enfin, les « contacts étroits » concernent le fait de vivre dans le même lieu de vie; d’entretenir des relations amoureuses ou d’amitiés proches, d’occuper la même classe ou le même bureau ou encore d’avoir emprunté les mêmes transports collectifs pendant une durée prolongée. 

 

Dernière minute (17:42) : 2 des 200 passagers du vol de rapatriement Wuhan-Istres sont tombés malades durant le voyage et ont été mis à l’isolement et hospitalisé à Marseille à leur arrivée. L’agent pathogène responsable de leurs symptômes n’est pas encore identifié.

Xavier Bataille

source jim.fr

  29/01/2020 : Seniors : Agnès Buzyn fait du maintien à domicile une priorité


Lors de ses vœux à la presse en date du 28 janvier, la ministre des Solidarités et de la Santé est revenue sur la prise en charge des personnes âgées et l’évolution du secteur de l’accompagnement à domicile qui va devoir absorber une grande partie du choc démographique à venir. Le projet de loi sur la réforme du grand âge et de l'autonomie, un des chantiers phare de 2020 doit répondre au souhait de la majorité des personnes âgées de rester chez elles jusqu’au bout leur vie. Les aînés comme leurs aidants appellent de leurs vœux « une vraie coordination entre l’accompagnement et le soin, une limitation du nombre d’intervenants et une vraie garantie de service » a rapporté la ministre.
Du côté des professionnels, les attentes sont aussi extrêmement fortes imposant de « changer de braquet » suivant les termes utilisés par Agnès Buzyn. Outre la possibilité d’un maintien à domicile le plus longtemps possible, l’entrée en établissement doit devenir l’exception. L’EHPAD doit être recentré sur la prise en charge des besoins de santé les plus lourds, ce qui nécessitera : une fusion des financements soins et dépendance, une augmentation des personnels de soins, seule façon de garantir une progression du taux d’encadrement en personnel des EHPAD et un plan d’investissement massif de rénovation et de construction d’EHPAD.
Autre ambition, le gouvernement voudrait baisser le poids du reste à charge pour les plus modestes, prenant en compte la crainte de « peser » sur leurs enfants ou leurs petits-enfants très régulièrement mentionnée par les Français quand ils sont interrogés sur leur avenir dans le grand âge. Enfin, la stratégie « Vieillir en bonne santé », apparait comme un message clé. « La perte d’autonomie n’est pas une fatalité et la dépendance n’est pas un âge de la vie » a résumé Agnès Buzyn.
 
Source : Conférence de presse Ministère des Solidarités et de la Santé 28/01/2020 et celtipharm

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  16/10/2019 : Grippe : l'assurance maladie souhaite renforcer la couverture vaccinale chez les femmes enceintes


 La campagne de vaccination contre la grippe démarre aujourd'hui. Elle se poursuivra jusqu'à la fin du mois de janvier. Malgré un travail pédagogique engagé depuis plus de cinq ans par les autorités de santé, moins d'une personne sur deux éligible à la vaccination a été vaccinée l'année dernière, d'après les données de Santé Publique France[1] .

L'Assurance Maladie a décidé d'orienter sa campagne d'information sur les personnes chez lesquelles la vaccination contre la grippe est recommandée pour la première fois, les jeunes seniors venant de passer les 65 ans ainsi que les femmes enceintes.

Medscape édition française a décidé de faire le point sur la vaccination de ces dernières avec Bénédicte Coulm, sage-femme (Hôpital Armand Trousseau, Paris) et épidémiologiste.

Très peu de femmes enceintes vaccinées

Les données de la dernière enquête nationale périnatale de 2016 indiquent que 7 % des femmes enceintes ont été vaccinées[2]. Ce taux est largement inférieur à celui des autres groupes à risque, et même de la population générale alors que les femmes enceintes et leurs futurs nourrissons sont des populations particulièrement à risque de complications en cas de grippe.

« 7%, ce n'est pas bon du tout. Ce chiffre nous a alarmé. Des efforts d'information doivent être faits en direction des professionnels de santé eux-mêmes car s'ils sont convaincus le message se diffusera plus facilement », commente Bénédicte Coulm.

« Chez la femme enceinte, la probabilité d'être infectée est augmentée liée à l'immunodépression relative et aux modifications sur le plan respiratoire notamment avec la remontée du diaphragme », explique Bénédicte Coulm.

  • parce qu'elles présentent un sur-risque de grippe grave

D'après le Conseil National de l'Ordre des Sages-Femmes, les hospitalisations liées à la grippe sont 7 fois plus fréquentes chez les femmes enceintes versus des femmes du même âge, en particulier en raison des complications respiratoires et cardiaques. Chaque année en France, 30 à 60 femmes enceintes sont hospitalisées en réanimation pour une grippe grave, la plupart sans maladie préexistante. Le risque d'hospitalisation augmente au fur et à mesure de la grossesse.

  • parce qu'attraper la grippe pendant leur grossesse peut avoir des retentissements sur le fœtus

La grippe peut entraîner de la fièvre, puis des contractions qui peuvent être à l'origine d'une fausse-couche. Par ailleurs, le fœtus peut être lui aussi infecté par le passage du virus de la grippe de la mère au fœtus via le placenta.

  • parce les nourrissons de moins de six mois ne peuvent pas être vaccinés

Le vaccin administré chez la mère au cours de la grossesse permet la production d’anticorps qui vont être transmis au fœtus et persister 3 à 6 mois après la naissance. La vaccination de la femme enceinte a donc comme bénéfice supplémentaire la protection de l’enfant à naitre pendant les mois durant lesquels il est le plus fragile.

Les hospitalisations liées à la grippe sont 7 fois plus fréquentes chez les femmes enceintes versus des femmes du même âge.

Des idées reçues en pagaille

Quels sont les principaux freins à la vaccination de la femme enceinte ? D’abord, les idées reçues autour à la fois de la maladie, de la vaccination et de la grossesse.

La grippe reste encore associée à une maladie bénigne, d'autant plus auprès des femmes enceintes qui sont jeunes et en bonne santé. Les femmes enceintes ne se sentent donc pas concernées. « Elles ne se sentent pas vulnérables et ne voient pas les bénéfices du vaccin », explique Bénédicte Coulm.
 

Chez les femmes enceintes, s'ajoute à cette perception erronée d'invulnérabilité face à une maladie jugée bénigne, la crainte que la vaccination antigrippale constitue un danger pour la grossesse. « En consultation, les dames nous rapportent ces craintes de fausses-couches, de malformations...  Alors même que l'innocuité du vaccin contre la grippe est bien démontré grâce à des données internationales », poursuit-elle. 

De plus, une étude publiée en juillet dernier dans le British Medical Journal a montré l'absence d'effets nocifs à long terme sur la santé des enfants dont la mère avait été vaccinée contre la grippe au cours de la grossesse[3].

La vaccination des femmes enceintes reste trop « médecin-dépendante »

Autre limite à la vaccination des femmes enceintes, la sage-femme explique que la vaccination contre la grippe reste « très maternité dépendante ». Autrement dit, dans certains établissements, des protocoles de service uniformisent les pratiques des gynécologues et des sages-femmes. Mais ce n'est pas le cas partout. Quant aux professionnels de santé en libéral, la vaccination est praticien dépendante.

« Or, on sait que les femmes enceintes écoutent beaucoup leurs professionnels de santé. Il faut que ceux-ci se soient préparés à répondre avec les éléments de langage adéquats aux questions et aux doutes des patientes », estime-t-elle.

L'enquête nationale périnatale a révélé un chiffre intéressant : 30 % des femmes vaccinées le sont par leur médecin généraliste.

Fait d'autant plus remarquable que les généralistes suivent très peu de grossesses (environ 6,5 %). « Je pense que chez le médecin généraliste, il y a une culture de la vaccination. Les sages-femmes vaccinent depuis peu de temps », rappelle Bénédicte Coulm. A noter, l'Assurance Maladie mène cette année une action spécifique en direction des sages-femmes avec la visite de délégués qui animeront des sessions sur la prévention avec une partie dédiée à la vaccination en général et celle antigrippale en particulier.
30 % des femmes vaccinées le sont par leur médecin généraliste.
Pour rappel, la vaccination contre la grippe est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie pour les femmes enceintes qui doivent être vaccinées dès le début de la campagne de vaccination, sans attendre le début de l'épidémie de grippe.

Les médecins, les sages-femmes, les pharmaciens et les infirmiers disposent sur amelipro d’un bon de prise en charge vierge leur permettant de prescrire le vaccin antigrippal aux femmes enceintes. A noter que l’ensemble de ces professionnels peuvent désormais vacciner pendant la grossesse.

Les vaccins disponibles pour la campagne 2019-2020

Conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, le vaccin grippal 2019 est composé des souches virales suivantes :

-A/Brisbane/02/2018 (H1N1)pdm09;

-A/Kansas/14/2017 (H3N2) ;

-B/Colorado/06/2017 (lignée Victoria/2/87) ;

-B/Phuket/3073/2013 (lignée Yamagata/16/88).

Les 3 premières souches sont des souches virales recommandées pour entrer dans la composition des vaccins trivalents contre la grippe, et la dernière est une souche virale supplémentaire recommandée pour les vaccins antigrippaux tétravalents.

Cette année, 2 vaccins grippaux tétravalents sont disponibles pour la campagne de vaccination 2019-2020 et pris en charge par l'Assurance Maladie : InfluvacTetra, VaxigripTetra. S’y ajoute le vaccin trivalent Influvac, qui est disponible en quantité limitée.

 

source MEDSCAPE.com

  16/08/2019 : Rougeole dans l?Union européenne : la France toujours tristement en tête


Sur la carte, le cercle le plus important est toujours situé en France. La carte est celle que vient de publier l’European Centre for disease prevention and control (ECDC) et concerne la surveillance des cas de rougeole dans les trente pays de l’Union européenne (UE) et de l’Espace économique européen (EEA) entre le 1er juillet 2018 et le 30 juin 2019. La France a recensé le plus grand nombre de cas : 2 367 (sur 13 102 au total), suivie de l’Italie (1 831), la Roumanie (1 628) et de la Pologne (1 445). Cependant, alors que l’ECDC note que le nombre de cas pourrait être sous-estimé dans certains pays, et notamment en Roumanie (nombre de cas par million d’habitants), les taux sont plus élevés dans les pays de l’Est de l’Europe atteignant 271,3/1 000 000 en Lituanie, 147,4 en Bulgarie, 143,8 en Slovaquie, contre 35,4 en France et 30,3 en Italie. Le rapport note encore que la situation tend à se stabiliser dans les pays qui recensent le plus grand nombre de cas, même si les chiffres suggèrent plutôt en France une stabilisation fragile, avec 469 cas en juin contre 568 en mai mais 340 en avril. A titre de comparaison, les évolutions apparaissent plus significativement marquées dans d’autres contrées, comme en Lituanie où le nombre de cas est passé de 221 en avril à 60 en juin ou en Espagne avec 16 cas en juin contre 76 en mai (et 67 en avril).

Quatre pays présentent des taux de couverture vaccinale supérieurs à 95 %

Les chiffres publiés par l’ECDC signalent encore que la majorité des cas recensés au cours des douze derniers mois concernait des personnes de plus de 15 ans (53 %). Mais le taux le plus élevé est retrouvé chez les enfants de moins d’un an (283,8 par million d’habitants). Cette situation s’explique sans doute par des taux de couverture vaccinale moins élevés à cet âge-là. La première dose de vaccin contre la rougeole étant généralement administrée après 12 mois, la proportion la plus élevée de patients non vaccinés s’observe ainsi chez des enfants de moins d’un an. Plus globalement, sur les 9 532 cas dont l’âge et le statut vaccinal étaient connus, 70 % n’étaient pas vaccinés, 18 % n’avaient reçu qu’une seule dose de vaccin, 10 % avaient reçu deux doses ou plus et pour 2 % le nombre de doses n’était pas connu. Compte tenu de ces résultats, les auteurs ne peuvent que constater que la poursuite de la diffusion de la rougeole en Europe est liée à une couverture vaccinale non optimale dans un grand nombre de pays et ce en dépit des efforts réalisés par beaucoup (dont la France). Aujourd’hui, seuls quatre pays de l’UE et de l’EEA présenteraient selon l’Unicef des couvertures vaccinales contre la rougeole supérieure à 95 % la Hongrie, le Portugal, la Slovaquie et la Suède.

Des situations préoccupantes en dehors de l’UE

En dehors de l’Europe, la situation demeure préoccupante en Ukraine où les autorités sanitaires ont recensé depuis le début de l’année 56 861 cas (dont 18 décès). La lutte contre l’épidémie rencontre dans ce pays de nombreux obstacles et notamment outre une vive défiance vis-à-vis de la vaccination, des irrégularités répétées concernant le maintien de la chaîne du froid, ce qui altère significativement l’efficacité du vaccin. Enfin, en Afrique, c’est en République Démocratique du Congo que l’épidémie est la plus foudroyante, avec 137 154 cas depuis le début de l’année (mais seulement 1 308 confirmés), ayant entraîné 2 581 décès.

 
Rapport de l’ECDC : https://ecdc.europa.eu/sites/portal/files/documents/measles-monthly-report-august-2019.pdf
 
source jim.fr

  27/02/2019 : Bonne nouvelle : la pollution aux particules fines a diminué de plus de 40 % depuis 2000 !


 Les conditions météorologiques exceptionnelles de ces derniers jours, et notamment l’absence de vent et les « fortes amplitudes thermiques le matin et le soir » pour reprendre l’explication de l’organisme Airparif ont contribué à une augmentation de la concentration de particules PM10 en Ile-de-France et dans les régions proches. Cette hausse est notamment liée au trafic routier et dans une moindre mesure, précise encore Airparif, à la combustion du bois. Après des dépassements du "seuil d’information" (50 µg/m3) depuis le 15 février, la préfecture a pris « des mesures de réduction des émissions concernant les industries, la circulation et l’utilisation du chauffage au bois ». En dépit de ces dispositions et d’une plus grande dispersion des polluants le week-end dernier, les concentrations de PM10 ont continué à dépasser le seuil d’information. Aussi, la circulation différenciée, qui empêche les véhicules classés parmi les plus polluants (CRIT’AIR 4 et 5 et non classés), a été décidée et concerne l’Ile-de-France, mais aussi les Hauts-de-France. Cette disposition ajoutée aux autres mesures doivent permettre « une diminution attendue de 32 % des émissions d’oxydes d’azote (NOx), 25 % des particules PM10 et 30 % des particules PM2.5» affirme Airparif.

Diminutions générales

L’adoption de ces mesures (qui comme souvent s’est accompagnée de polémiques sur leur retard de mise en œuvre et de conflits entre les autorités locales et l’État) témoigne de l’attention vigilante des pouvoirs publics face aux méfaits de la pollution.

 
Il ne faudrait cependant pas qu’elles contribuent à conforter l’idée selon laquelle nous sommes soumis à une pollution accrue. En effet, les émissions de tous les polluants (dioxyde d’azote, oxydes d’azote, monoxyde d’azote, fumées noires, particules PM10 et PM2.5, benzène, monoxyde de carbone et dioxyde de soufre) à l’exception de celles d’ozone 3, ont toutes connu de très significatives diminutions depuis le début des années quatre-vingt-dix ou 2000 (pour certains polluants les premières statistiques officielles remontent au début du siècle). Ainsi, le Commissariat général au développement durable (CGDD) avait publié en 2017 un bilan de la qualité de l’air extérieur qui signalait que les émissions d’oxydes d’azote ont diminué de 49 % entre 2000 et 2017, celles de PM10 de 41 % et celles de PM2.5 de 48 %.

La pollution du catastrophisme

Pourquoi dès lors, existe-t-il au sein de la population, le sentiment d’une détérioration ? Les sondages régulièrement réalisés sur ce sujet, notamment pour Airparif, mettent en évidence que moins de 10 % de la population estime que la pollution atmosphérique est aujourd’hui plus restreinte. Cette situation s’explique par des "pics" apparents plus fréquents, pics liés aux dépassements des seuils d’information et d’alerte. Or, ces derniers ont été revus à la baisse en 2011, afin de renforcer encore la vigilance de l’ensemble de la population. Cette évolution réglementaire a automatiquement conduit à une augmentation du nombre de pics, même si ces dernières années, à la faveur des différentes mesures prises, on assiste à une raréfaction des dépassements. On relèvera par exemple qu’en 2017, seules trois agglomérations ont connu des dépassements d’émissions de particules fines, contre 33 dix ans auparavant (et ce en dépit de l’abaissement des seuils). Ainsi, on le voit, si la vigilance marquée de ces dernières années a porté ses fruits, il ne serait pas inutile pour lutter contre une autre forme de pollution qu’est le catastrophisme de rappeler que la situation actuelle, en dépit des pics ponctuels (et modérés car nous n’avons ces derniers jours pas même dépassé le seuil d’alerte), est loin d’être alarmante et comparable à des pays comme la Chine ou comme la ville de Londres à l’époque du grand smog de Londres en décembre 1952.  

 

source jim.fr

  23/01/2019 : Alimentation, activité physique : Santé publique France rafraîchit ses recommandations


À la suite des avis récents de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) et du Haut Conseil de la santé publique, Santé publique France (SPF) a été chargée de formuler de nouvelles recommandations concernant l’alimentation et l’activité physique à destination de la population adulte. Ces dernières ont été présentées hier et se veulent « simples, pratiques et accessibles ».

En pratique, ces recommandations sont réparties en trois groupes : « Augmenter », « Aller vers » et « Réduire ». « Nous souhaitions donner de grandes orientations plutôt que des objectifs quantifiés. Ces formulations sont perçues comme moins contraignantes par le grand public. Elles suscitent un changement progressif, s’adaptant au rythme de chacun » explique Anne-Juliette Serry, responsable de l’Unité Alimentation et Activités physiques à Santé publique France.

Les nouveautés de 2019

Dans la catégorie de ce que l’institution recommande à tout un chacun d’augmenter, on trouve, pelle mêle, la consommation de fruits et légumes (notamment de légumes secs, au moins deux fois par semaine) et du « fait maison ». Elle recommande aussi d’augmenter son activité physique pour atteindre « 30 minutes d’activités physiques dynamiques par jour ».

Ainsi, les fruits à coque non salés font une entrée remarquée dans les recommandations nutritionnelles officielles, « compte tenu de leur intérêt nutritionnel » explique SPF.

Dans la catégorie « Aller vers », SPF suggère d’aller vers la consommation de poisson gras et maigres en alternance (2 fois par semaine), de pains et de féculents complets (au moins un par jour), de préférer l’huile de colza, de noix et d’olive et de manger des produits laitiers « en quantité suffisante mais limitée » (2 produits laitiers par jour).

Dans ce chapitre, on remarquera l’apparition de recommandations marquées par le souci environnemental, SPF préconise ainsi de privilégier les fruits et légumes de saison, les aliments de producteurs locaux et les aliments bio.

Dans la catégorie « à réduire », on retrouve, sans surprise, la viande, la charcuterie, les boissons et produits sucrés, l’alcool et les produits salés.

Concernant la viande et la charcuterie, dans ses recommandations « détaillées », SPF préconise spécifiquement une quantité hebdomadaire maximale de 500 g pour les viandes et 150 g pour la charcuterie.

Pour mieux déterminer les produits dont la consommation est à « réduire », SPF invite à se référer au logo Nutri-Score et incite à écarter de la liste de courses les produits avec un Nutri-Score D et E.
L’agence encourage enfin à réduire le temps passé assis dans la journée. « En effet, un individu peut à la fois être actif, c’est-à-dire faire du sport ou des activités physiques tel qu’il est recommandé, mais aussi être très sédentaire, c’est-à-dire passer beaucoup de temps assis et souvent de façon prolongée dans sa vie quotidienne » explique l’institution qui conseille de « ne pas restez assis trop longtemps » et de prendre « le temps de marcher un peu toutes les 2 h ».

 

source www.jim.fr

  16/01/2019 : Le vapotage explose chez les adolescents (américains)


Washington, le mercredi 16 janvier 2019 – Cette semaine, Dan Quick, élu du Nebraska a présenté un projet de loi dont l’objectif est d’augmenter l’âge autorisant à acheter des cigarettes électroniques et les liquides associés. Cette mesure, qui suscite des controverses au sein de l’état, témoigne de l’inquiétude des pouvoirs publics face à ce que beaucoup n’hésitent plus à qualifier "d’épidémie"  chez les jeunes américains. Après des années d’une lutte très efficace contre la nicotine, les Américains assistent en effet à une nouvelle progression de sa consommation.

Multiplication par deux du pourcentage d'adolescents vapoteurs de nicotine

Des chiffres issus de l’étude Monitoring the Future, conduite par l’Université du Michigan depuis 1975 auprès d’enfants et d’adolescents de quatrième (13/14 ans), seconde (15/16 ans) et terminale (17/18 ans), présentés dans l’édition du New England Journal of Medicine du 10 janvier, montrent en effet un véritable "record" de la progression de consommation de nicotine depuis le lancement de ces travaux. Pour chaque tranche d’âge, la proportion de vapoteurs de nicotine a pratiquement été multipliée par deux entre 2017 et 2018, passant de 3,5 % à 6,1 % chez les enfants de 13/14 ans, de 8,2 à 16,1 % pour les adolescents de 15/16 ans et de 11 à 20,9 % pour les jeunes de 17/18 ans. Richard Miech et ses collaborateurs de l’Université de Washington précisent que ces chiffres signifient que 1,3 millions d’adolescents supplémentaires se sont convertis au vapotage avec de la nicotine en un an. L’augmentation concerne également mais de manière moins marquée la proportion de vapoteurs de liquides parfumés (mais sans nicotine).

Porte d’entrée vers le tabagisme classique

Cette nouvelle porte d’entrée dans l’addiction à la nicotine qui pourrait mettre à mal les considérables efforts réalisés aux Etats-Unis contre le tabac (qui ont permis de faire descendre en dessous de 6 % la proportion d’élèves de terminale fumeurs) inquiète les spécialistes. « Ces chiffres montrent l’insuffisance des dispositifs légaux en vigueur »conclut ainsi Richard Miech qui invite à agir plus activement contre la guerre marketing de certains fabricants de cigarettes électroniques et notamment l’emblématique Juul dont la cigarette en forme de clé USB fait un tabac chez les jeunes. Les inquiétudes des spécialistes se fondent notamment sur la multiplication des travaux, qui bien que parfois contradictoires, suggèrent un risque de passage vers le tabagisme classique via la cigarette électronique. Une étude publiée dans l’American Journal of Medicine en avril 2018 signalait ainsi un risque six fois plus élevé d’installation d’un tabagisme habituel chez les jeunes utilisateurs de cigarette électronique par rapport à ceux n’ayant jamais testé ce produit.

La Food and Drug Administration (FDA) est consciente de cette urgence. Elle a multiplié l’année dernière les appels et les mesures pour limiter cette "épidémie", qui préoccupe d’autant plus qu’elle pourrait également favoriser une explosion de la consommation de cannabis. Or le vapotage de cannabis pourrait selon certaines études présenter une toxicité accrue par rapport aux modes de consommation habituels. 

Et ailleurs ?

Une telle tendance pourrait également s’observer dans d’autres pays. Au Canada voisin, une enquête institutionnelle a signalé une progression de l’utilisation de la cigarette électronique entre 2014-2015 et 2016-2017 chez les adolescents. Ainsi 23 % des lycéens ont déjà eu recours à ce dispositif contre 20 % deux ans plus tôt et 10 % en ont utilisé un dans les trente derniers jours contre 6 % en 2014-2015. En France, les derniers chiffres disponibles datent de 2014, époque à laquelle 15 % des jeunes de 17 ans indiquaient avoir déjà utilisé plus de dix fois dans leur vie une cigarette électronique, tandis que 2,5 % admettaient un usage quotidien. La situation pourrait avoir évolué, si ce n’est que les forces marketing en présence ne sont pas les mêmes qu’aux Etats-Unis et que la concurrence du tabac est bien plus forte qu’outre-Atlantique, la prévalence tabagique des lycéens français est en effet beaucoup plus élevée que celle de leurs alter ego américains.

 

source Jim.fr

  12/12/2018 : Obligation vaccinale : de premiers résultats très encourageants


Onze vaccins sont obligatoires en France pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Jusqu’à cette date, il n’y avait obligation n’était que pour 3 vaccins : diphtérie, tétanos et polio. D’autres étaient seulement recommandés : coqueluche, Haemophilus Influenzae (Hib), hépatite B, pneumocoque, rougeole, oreillons, rubéole et méningite C. La couverture vaccinale était insuffisante pour ces derniers, et les autorités sanitaires ont donc décidé d’instaurer une obligation vaccinale pour les 11 vaccins, mesure qui s’est accompagnée d’une très vaste campagne d’explications.

Forte progression pour les vaccins contre l’hépatite B et la méningite C

Un premier aperçu de l’impact de cette obligation sur la couverture vaccinale est fourni par les résultats d’une enquête en ligne menée par « l’Institut des mamans » en septembre 2018. Le questionnaire était envoyé à un échantillon représentatif de 1 000 mères d’enfants de 0 à 11 mois.

La première évaluation concerne la proportion d’enfants de 6 à 8 mois ayant reçu au moins 1 dose des vaccins recommandés à 2 et 4 mois et 1 dose de vaccin contre la méningite C, recommandé à 5 mois. Pour les premiers, les couvertures vaccinales pour la diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, Hib, qui étaient déjà élevées, restent stables (≥ 97,0 %), tandis qu’une forte progression, de 8,1 points est notée pour au moins 1 dose de vaccin contre l’hépatite B (96,8 % en 2018 vs 88,7 % en 2017). Le taux de vaccination contre le pneumocoque était lui aussi élevé en 2017 et ne progresse que légèrement (96,1 % vs 94,0 %). Une augmentation très importante du taux de vaccination contre la méningite C est aussi notée, qui passe de 43,0 % en 2017 à 74,2 % en 2018 (mais remarquons que l’introduction de cette vaccination à l’âge de 5 mois ne s’est faite qu’en avril 2017).

Des mères de mieux en mieux informées et de plus en plus favorables

Cette augmentation de la couverture vaccinale n’est peut-être pas le résultat de la seule obligation. L’enquête montre en effet une augmentation sans précédent de l’intérêt des parents pour le programme de vaccination. Cela serait une conséquence positive de la campagne d’information menée par les autorités sanitaires, à travers de nombreux media. Les mères interrogées se disent en effet plus favorables à la vaccination contre toutes les maladies graves évitables par les vaccins (68,4 % en 2018 vs 64,7 % en 2017) et estiment qu’elles sont désormais mieux informées sur les vaccins (69,4 % vs 64,6 %), changement d’autant plus remarquable qu’il fait suite à plusieurs années de désintérêt pour le sujet. La proportion des mères favorables à l’obligation vaccinale passe de 35,7 % à 48,4 %, pendant que le nombre de celles qui y sont opposées décline, de 18 % à 10,9 % comme celui de celles dont l’opinion varie selon le vaccin (41,4 % vs 32,9 %).

 
Il s’agit bien là de résultats encourageants. L’étude Vaccinoscopie 2019 apportera un complément d’informations pour mieux comprendre l’impact de l’obligation sur la couverture vaccinale.

 

source Jim.fr

  09/12/2018 : De plus De plus en plus de médecins, de moins en moins de praticiens et des déserts toujours plus désertiques !


Paris, le mercredi 5 décembre 2018 - Le Conseil national de l’Ordre des médecins publie l’Atlas 2018 de la démographie médicale.
 
Ces travaux mettent en évidence que si le nombre de médecins inscrits au tableau de l’Ordre est en augmentation (296 755 au 1er janvier 2018, +2% par rapport à 2017), et si le nombre de médecins en activité régulière n’est qu’en légère baisse (-0,1%), ce recul s’inscrit dans une diminution continue qui a atteint 10 % depuis 2010 !
 

Cette tendance concerne en premier lieu les médecins généralistes. S’ils étaient 94 261 en activité régulière en 2010, ils ne sont plus que 87 801 en 2018, soit une baisse de 7,3% depuis 2010 (0,4% depuis 2017).

Les médecins ont par ailleurs de plus en plus les yeux de Chimène pour l’exercice salarié, ce qui coïncide avec une diminution du nombre de médecins en équivalent temps plein dans notre pays. C’est le mode d’exercice choisi par 47% des médecins en 2017, soit 5 points de plus qu’en 2010.

Les mesures incitatives ont prouvé leur inefficacité

Une fois de plus, cet Atlas de la démographie médicale signale donc l’insuffisance du renouvellement générationnel, alors que les étudiants admis en faculté après les premiers desserrements du numerus clausus commencent seulement à entrer dans la carrière.
 
En outre, les inégalités entre les départements en termes de densité médicale continuent de s’accentuer. Depuis 2010, les départements les plus mal lotis ont connu une dégradation plus rapide de leur densité médicale. On constate ainsi que la densité de généralistes a chuté de 9,8 % dans les localités les mieux pourvus quand elle chutait de 19,8% dans les territoires déjà les plus désertifiés.
 
On peut donc conclure à l’inefficacité des mesures incitatives à l’installation dans ces zones déjà dépourvues de services publics et de commerces.
 

Dans ce contexte, l’institution annonce qu’elle publiera au début de l’année 2019 des propositions concrètes sur les dix chantiers retenus dans le cadre du plan « Ma santé 2022 »…à moins que la majorité à l’Assemblée nationale n’ait changé d’ici là !

d'après jim.fr

  24/10/2018 : Champignons: les cueillir et les consommer en toute sécurité


  01/10/2018 : Non, la vaccination régulière contre la grippe ne diminue pas l?efficacité du vaccin !


Une équipe suédoise s’est penchée sur le sujet et a réalisé une étude de cohorte incluant, au cours de 6 saisons grippales consécutives (2011/12 à 2016/17), plus de 1 million de personnes âgées de plus de 65 ans. Selon l’année, entre 69 % et 83 % de ces personnes ont été vaccinées pour la grippe saisonnière, et si l’on considère les saisons 2015/16 et 2016/17, près des 2/3 des personnes avaient été vaccinées 4 à 5 fois au cours des saisons précédentes, 1/3 avait été vaccinées 1 à 3 fois et 5 % n’avaient jamais été vaccinées. Durant les 6 saisons grippales, 3 623 personnes elles ont été hospitalisées pour une grippe sévère, le plus grand nombre de cas concernant les saisons où la souche prédominante était la A(H3N2), c’est-à-dire les saisons 2014/15 et 2016/17.

La meilleure prévention possible

Pour aucune de ces épidémies, l’efficacité vaccinale n’est significativement différente chez les personnes vaccinées au cours de la saison en cours seulement, en comparaison avec les sujets qui avaient été vaccinés aussi la saison précédente, ni avec ceux qui avaient déjà reçu 1 à 3 ou 4 à 5 vaccinations antérieures. En revanche, les données confirment que les personnes qui avaient été vaccinées 1 ou plusieurs fois auparavant, mais pas pour la saison en cours, n’ont plus aucune protection pour l’année en cours.
 
Bien qu’il y ait un besoin urgent d’un vaccin anti-grippal plus efficace chez les personnes de plus de 65 ans, et particulièrement contre la grippe A(H3N2), la vaccination saisonnière reste la meilleure prévention disponible. Ce travail montre que les personnes de ce groupe d’âge peuvent être vaccinées chaque année, sans risque de voir se réduire l’efficacité du vaccin.
 
source JIM.fr

  01/10/2018 : Les pères des nouvelles immunothérapies anti-cancer récompensés par le Prix Nobel


Paris, le lundi 1er octobre 2018 – Les paris étaient comme tous les ans soutenus. Depuis quelques années, deux noms sont placés en haut de la liste : ceux des chercheuses française et américaine, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, pour leur identification d’une nouvelle méthode d’édition du génome, le révolutionnaire Crispr-Cas9. Mais, comme souvent, l’Académie Nobel a faussé les pronostics et décerné sa prestigieuse distinction à des scientifiques peut-être un peu plus discrets, mais dont les travaux sont tout aussi fondamentaux.

Accélération

Le cadet, James P. Allison, est un chercheur américain de 70 ans affilié à l’université du Texas et au Parker Institute for Cancer Immunotherapy de San Francisco. Contacté par l’agence de presse suédoise TT après l’annonce de l’Académie, il a confié : « J’en rêvais, mais je ne pensais pas que cela se réaliserait. Ça me semblait trop gros ».
 
Son co-lauréat est l’immunologiste japonais Tasuko Honjo de l’université de Kyoto, âgé de 76 ans. Les deux hommes ont été récompensés pour avoir « montré comment différentes stratégies d’inhibition des "freins" du système immunitaire pouvaient être utilisées dans le traitement du cancer » indique le communiqué du Prix Nobel. Imagé, ce dernier ajoute que les deux scientifiques sont parvenus à « lâcher les freins » et « appuyer sur les bonnes pédales d’accélération » du système immunitaire.

Révolution

Avec son équipe de l’université de Californie à Berkeley, James P. Allison est sorti des sentiers battus de la recherche. Alors que dans les années 1990, les travaux sur le mécanisme de la protéine CTLA-4 sont nombreux, James P. Allison explore une voie particulière. Il a entrepris de déterminer si le blocage de CTLA-4 pouvait permettre de dépasser le "frein" des lymphocytes T et ainsi libérer le système immunitaire pour attaquer les cellules cancéreuses, comme l’explique le communiqué du Prix Nobel. De son côté, Tasuku Honjo s’est concentré sur un autre acteur, PD-1, dont il a analysé l’ensemble des mécanismes et des fonctions au sein de son laboratoire de l’université de Kyoto. Il a ainsi pu identifier que PD-1 fonctionnait aussi à la manière d’un frein des lymphocytes T. Il a lui aussi pu démontrer que le blocage de PD-1 pouvait permettre de nouvelles réponses immunitaires. Si les premiers essais ont mis en évidence l’efficacité de ces stratégies isolées, les nouveaux traitements qui combinent une action visant CTLA-4 et PD-1 offrent des résultats inespérés. Ils sont à l’origine des nouvelles immunothérapies développées contre plusieurs cancers (notamment le mélanome métastatique) qui suscitent un intérêt croissant.

Pour le comité du Prix Nobel, après plusieurs décennies de recherches sur les réponses immunitaires face au cancer, qui n’avaient permis que des avancées modestes, les travaux de James P. Allison et de Tasuku Honjo et l’avènement des « checkpoint therapies » ont contribué à une véritable « révolution ».

source jim.fr

  20/06/2018 : Portrait-robot des étudiants inscrits en PACES


Qu’est-ce qui motivent autant de néo-bacheliers à se lancer dans le cursus des études en santé connaissant l’extrême sélectivité des concours ? C’est en substance la question que se sont posés des chercheurs des Universités de Rennes 1 et de Bretagne Occidentale pour mettre sur pied une étude régionale impliquant près de 1 500 lycéens venant d’obtenir leur baccalauréat et inscrits en Première année commune des études de santé (PACES).
 
Premier constat : l’hégémonie sans partage des bacheliers issus de la filière scientifique (S) qui représentent 98,6 % des inscrits en PACES. Dans le détail, ils sont majoritairement des filles (76 %) et ont plus souvent choisi la filière Sciences de la vie et de la Terre (SVT) (76 %) que la spécialité physique-chimie (24 %). Enfin, même si ces études attirent plus souvent des lycéens ayant un bon, voire un très bon niveau scolaire (surreprésentation des mentions "Bien" et "Très bien" par rapport à la moyenne nationale), ils sont tout de même 26,2 % à avoir obtenu la mention "Assez bien" et 18,2 % à ne pas avoir décroché de mention. Ces derniers sont d’ailleurs plus prompts à mettre en avant le degré de difficulté que représente cette filière.

Des facteurs scolaires et sociaux propices

Sans surprise, l’analyse des caractéristiques sociales des lycéens intégrés à l’enquête indique une forte présence des classes sociales favorisées : près de 41 % d’entre eux ont un père appartenant à la catégorie « cadres, professions intellectuelles supérieures, professions libérales » et 30,7 % ont une mère appartenant à la même catégorie. Il apparaît toutefois que les garçons ont plus souvent des parents diplômés de l’enseignement supérieur que les filles. Les auteurs en concluent qu’il « existe une sélection sociale un peu plus élevée pour les garçons et une forme d’ouverture sociale pour les filles ». Par ailleurs, 55 % des lycéens entrant en PACES déclarent avoir dans leur entourage une ou plusieurs personnes exerçant un métier dans le domaine de la santé.
 
Concernant la motivation, elle est maximale, tout du moins juste avant l’entrée en PACES. Plus de 90 % des répondants déclarent vouloir faire un métier de la santé « pour se sentir utile », mais ne rejettent pas des motivations plus intellectuelles comme l’intérêt pour les matières scientifiques ou le besoin de stimulation intellectuelle. La garantie d’un revenu confortable (27 %) et celle d’un emploi assuré (27 %) arrivent quant à elles derrière le bénéfice ressenti de l’accomplissement personnel (51%). La confiance est également au rendez-vous puisque 8 lycéens sur 10 pensent avoir une chance de réussir du premier coup, bien qu’ils connaissent le faible taux de réussite. Au final, le taux de réussite global parmi les répondants a été de 13,9 %. Les 133 admis étaient tous titulaires d’un baccalauréat S, dont les trois-quarts avec une mention TB.
 
 
 source jim.fr

 

  06/06/2018 : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les pharmaciens?


Dans un rapport publié en ligne, l’Ordre national des pharmaciens dresse un panorama de la démographie de la profession.
 
Rappelons, en préambule, que l’inscription à l’Ordre s’effectue par métier, dans les différentes sections [A (officine), B (industrie), C (distribution), D (adjoint), E (outre-mer) G (biologie) et H (Hôpital)].
 
En 2017, le nombre de pharmaciens inscrits à l’Ordre, recensés selon leur activité principale, a légèrement décru (-0,53 % par rapport à 2016) et 74 043 ont été dénombrés, contre 74 441 l’an passé.
 
Au total, en une décennie, le nombre d’inscrits a augmenté de 1,6 % et presque trois-quarts des pharmaciens exercent dans les officines. Cependant, cette orientation « classique » attire moins (-5,7 % depuis 2007) et on constate un intérêt grandissant des pharmaciens pour certaines filières comme l’industrie (+13,1 % d’inscrits en dix ans) ou les établissements de santé (+39,4 %).
 
Notons encore que la pharmacie est une profession particulièrement féminisée : 67,3 % des pharmaciens sont des femmes.
 
Au final, en 2017, 2 233 pharmaciens se sont inscrits à l’Ordre, soit 56 de moins que l’année précédente et le rapport entre le nombre de nouveaux inscrits diplômés depuis trois ans ou moins et le nombre de postes ouverts au concours six années plus tôt, continue d’augmenter, passant de 36,6 % en 2016 à 37,6% en 2017, ce qui signifie que 1163 étudiants ayant franchi le numerus clausus ne se retrouvent pas inscrits à l’Ordre. En effet, certains domaines comme le secteur de l’industrie ou la presse pharmaceutique ne nécessitent pas d’inscription à l’Ordre.

Vers un rajeunissement !

Si pour cette année, l’âge moyen des pharmaciens reste inchangé en 2017, à 46,7 ans, la structure de la pyramide des âges laisse présager un rajeunissement futur de la population des pharmaciens. Deux phénomènes sont effet à l’œuvre, le départ à la retraite de la génération actuellement la plus nombreuse et l’arrivée relativement importante d’une population de jeunes pharmaciens. Au total,  dans les dix ans à venir, les 21 793 pharmaciens de 56 ans et plus en 2017 sont susceptibles de cesser leur activité et  le flux annuel des entrants dans la carrière devrait permettre le remplacement de ceux qui la quittent.

Ces pharmaciens venus d’ailleurs

Outre les étudiants français qui obtiennent un diplôme étranger puis reviennent s’installer en France l’Ordre accueille pas moins de 38 nationalités ! Parmi ces pharmaciens venus d’ailleurs, 54,6 % sont issus du continent africain et 37,3 % sont ressortissants d’un pays membre de l’Espace Économique Européen (parmi eux, on dénombre 144 Italiens, 136 Belges, 77 Espagnols et 69 Roumains), 7,4 % des pharmaciens étrangers sont asiatiques (Moyen-Orient compris).
 
Enfin, 73,8 % des pharmaciens français diplômés dans un État membre de l’Union européenne autre que la France ont obtenu ce diplôme dans un pays frontalier (55 % en Belgique).

Quand la pharmacie meurt

En 10 ans, 1 377 officines ont été fermées avec une accélération notable ces 3 dernières années. Les évolutions réglementaires intervenues récemment (SEL, SPFPL, ordonnance sur le maillage officinal) ont également favorisé les regroupements.
 
Il existe un mode de fermeture que l’on peut qualifier d’actif. Il s’agit soit de regroupements (fusion d’officines), soit d’une cession de clientèle pour laquelle le vendeur obtient une compensation financière. Les autres modes de fermetures peuvent être qualifiés de contraints. Il s’agit notamment d’une restitution de licence (fermeture sans repreneur avec remise de la licence à l’ARS). La tendance pour 2017 est la progression continue du nombre de regroupements et la diminution du nombre de liquidations judiciaires.
 
Depuis 2012, les cessions d’officines ont quant à elle baissé de 9,4%, passant de 1 314 à 1 191 en 2017. Mais cette évolution suit la baisse du nombre d’officines. Ramené au nombre d’officines, le nombre de cessions reste constant, autour de 5% par an.
 
Reste que le maillage territorial demeure de bonne qualité puisque pour 100 000 habitants, on recense en moyenne 32,6 officines (stable par rapport à 2016), 3,8 pharmacies à usage intérieur (PUI) et 7,3 laboratoires de biologie médicale.

La solitude du pharmacien de fond

Malgré cette tendance au regroupement, le métier de pharmacien d’officine demeure, parfois, une profession solitaire.
 
Ainsi, parmi les 16 203 officines n’ayant qu’un seul pharmacien titulaire, ce dernier exerce sans aucun autre confrère salarié, dans 23 % des cas (3 656 officines). En considérant les 21 192 officines de métropole, 17 % d’entre elles sont gérées par un titulaire n’ayant pas de collaborateur pharmacien. 
 
Si ce tableau est globalement encourageant et si la situation des pharmaciens, et en particulier des officinaux, demeure satisfaisante, de nombreuses menaces (remise en cause du monopole pharmaceutique, contraintes de plus en plus grandes…) pèsent sur l’avenir qui pourrait ne pas être si radieux, comme le faisait remarquer au JIM, le président de la FSPF, Philippe Gaertner.
 

source jim.fr

  02/05/2018 : Vaccination: Combien de vies d?enfants épargnées ?


Certains décès d’origine infectieuse pourraient être évités chez l’enfant grâce à la vaccination. Mais cela dépend du taux de couverture vaccinale, de la disponibilité du vaccin, de ses contre-indications, de son éventuelle prise en charge ou non. Peu d’études ont été consacrées aux morts potentiellement évitables, heureusement très rares mais particulièrement douloureuses.

Des chercheurs de l’Université de Sydney ont recensé les décès survenus en Nouvelle Galles du Sud de 2005 à 2014, avec l’impact éventuel de la vaccination. Les sources étaient le registre des décès de l’état et celui des maladies à déclarer. Le programme national d’immunisation comportait pendant cette période 16 vaccinations. Les dossiers médicaux et d’autopsie ont été revus. Les cas ont été classés en confirmés s’il y avait identification de l’agent pathogène sur un prélèvement clinique et des constatations compatibles à l’autopsie et probables si les résultats des examens de laboratoire suggéraient l’implication d’un pathogène ou si celui-ci était isolé post-mortem ou encore lorsqu’il y avait proximité avec un malade et des éléments évocateurs à l’anatomie pathologique. La méthode de capture/recapture a été utilisée pour estimer le nombre réel de décès. Ces décès ont été classés en évitables en fonction de la disponibilité en vaccin, l’âge des enfants et l’absence de contre-indications et en non évitables. 

Près de la moitié des décès auraient pu être évités

En tout, 54 décès ont été identifiés certainement ou probablement dus à des maladies évitables lorsque la vaccination était disponible. Le taux moyen de mortalité annuelle a été de 0,33/100 000 enfants et 2,1/105 nourrissons. Les deux tiers sont survenus chez des enfants sans comorbidité connue. Aucun enfant n’avait été vacciné contre la maladie en cause excepté l’un d’eux atteint d’une infection invasive à pneumocoque 19A, correctement vacciné et considéré comme un échec de la vaccination. Parmi les germes en cause, le virus de la grippe arrivait en premier avec 15 décès (12 de ces enfants auraient dû être vaccinés), puis les pneumocoques (15 cas), les méningocoques (12 cas) et d’autres germes (11 cas). Sur ces 53 cas, 23 auraient pu être évités par la vaccination dont 12/15 grippes, 5/12 méningocoques, 4/15 pneumocoques. 

Plusieurs facteurs ont modifié récemment cette évaluation : la possibilité de vacciner les mères en fin de grossesse pour les petits nourrissons (grippe 3/15), l’apparition d’un vaccin anti-méningocoque B (7/12), le vaccin anti-pneumocoque 13 valences (3/15).

Ainsi, deux mesures peuvent améliorer le taux des décès évitables, la vaccination en fin de grossesse (grippe, coqueluche) et la mise au point de vaccins incorporant des sous-types supplémentaires (pneumocoque, méningocoque B, grippe).

source jim.fr

 

  26/02/2018 : Avis de grand froid : attention aux patients cardiaques


La vague de grand froid venue de Sibérie qui s’abat sur l’Hexagone augmentera les risques d’infarctus dans les quatre semaines à venir.

Bien que des températures jusqu’à -10 °C, avec un ressenti de -18 °C, soient attendues en ce début de semaine, les effets du froid sur les risques cardiovasculaires restent peu médiatisés. Pourtant, chaque degré en moins augmente de 2 % le risque d’infarctus du myocarde.

source le quotidien du pharmacien